La vente de SFR ne clôt pas le recentrage de Vivendi
Pour Vivendi et son premier actionnaire Vincent Bolloré, le plus difficile vient de commencer. Focalisé depuis des mois sur les cessions d’actifs, Activision, Maroc Telecom puis SFR, Vivendi va devoir démontrer l’efficacité de son nouveau profil, centré sur des médias hétérogènes et confrontés à des situations concurrentielles différentes. Peu de liens en effet entre la télévision payante en France et en Europe (Canal+), la musique (Universal) et les télécoms-TV au Brésil (GVT).
Jusqu’à présent, les cessions ont atteint leur objectif premier: combler une partie de la décote de conglomérat dont souffrait le groupe. Depuis l’accélération du processus de démantèlement en juin 2013, le cours de Bourse de Vivendi a gagné 40%, contre une hausse de 18% pour le CAC 40 et un gain de 23% pour l’indice européen Stoxx du secteur des médias. Mais la décote persiste. Après l’opération SFR, et en valorisant tous les actifs du groupe (part dans le futur Numericable-SFR, participation minoritaire dans Activision, actifs fiscaux…), la valeur d’entreprise estimée par Credit Suisse représente un peu moins de 7 fois l’Ebitda attendu des actifs médias, contre une moyenne sectorielle de l’ordre de 9,5 fois.
Vivendi va donc devoir s’employer pour finir de convaincre le marché. Il pourra au moins s’appuyer sur des moyens financiers restaurés. En encaissant les 11,75 milliards d’euros de numéraire versés par Altice pour le rachat de SFR, le groupe de médias se retrouvera à la tête d’une trésorerie nette estimée à un peu plus de 3 milliards d’euros contre 7,5 milliards de dette nette auparavant. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives, notamment en matière d’acquisitions. «L’audiovisuel et les Etats-Unis constituent une zone prioritaire pour le nouveau management», indiquaient récemment les analystes de Natixis. La direction de Vivendi a prévu de dévoiler les conclusions de sa longue réflexion stratégique dans le courant du printemps.
Ces nouveaux moyens serviront aussi à payer les actionnaires, soit par un dividende exceptionnel soit par un programme de rachat d’actions. Ce dernier procédé pourrait avoir la faveur de Vincent Bolloré. Comme il l’a déjà fait chez Havas, en ne participant pas à une offre publique de rachat d’actions, Vincent Bolloré pourrait voir sa participation de 5% mécaniquement augmenter au capital de Vivendi. De quoi asseoir un peu plus son contrôle.
Plus d'articles du même thème
-
Les assureurs se préparent à un été très chaud
Face à l’accroissement de la sinistralité climatique d’année en année, la solidité financière des assureurs est-elle suffisante pour permettre au secteur d’absorber un choc extrême ? C’est ce qu’ont voulu mesurer les analystes de S&P en modélisant les effets d’un événement extrême. L’arrivée d’un super El Niño cet été pourrait concrétiser certaines projections. -
La Bourse américaine plie sous le poids de la tech
Le rebond du Nasdaq a fait long feu. Mardi, l’indice à forte composante technologique a accusé une nouvelle chute, après celle de plus de 4% vendredi, la pire depuis avril 2025. L’euphorie sur le secteur des semi-conducteurs atteint ses limites mais la tech est aussi vulnérable aux taux. -
Les méga-IPO hypnotisent Wall Street
Alors que SpaceX sera coté à partir de vendredi 12 juin à Wall Street, et qu’Anthropic et OpenAI ont officialisé leurs projets de cotation, ces introductions en Bourse géantes soulèvent de nombreuses questions, tant sur les performances à venir que leur impact sur le marché.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Seul en scèneAffaire Lyhanna : Gérald Darmanin peut-il tenir ?
Sur la sellette depuis une semaine, le garde des Sceaux campe sur sa ligne de défense, pointant les responsabilités individuelles dans cet échec judiciaire. Mais la pression va crescendo, à la mesure de la colère des Français -
Comparaisons n'est pas (toujours) raisonJustice : le manque de moyens a bon dos
EN CHIFFRES. Malgré une hausse notable des crédits et des effectifs sous Emmanuel Macron, la justice française peine à rattraper son retard numérique et reste à la traîne en nombre de magistrats face à ses voisins européens -
StatistiqueDates de la présidentielle 2027 : Emmanuel Macron n'est pas encore en retard
Les Français voteront-ils le 11 avril et le 25 avril 2027 ? Ou bien le 18 avril et le 2 mai ? Emmanuel Macron n'a pas encore tranché, mais certains de ses prédécesseurs ont pris plus de temps que lui