La transformation promise par Vivendi se fait toujours attendre
Il y a un an, à l’issue d’un séminaire de direction houleux, marqué par le départ de Jean-Bernard Lévy de la présidence du directoire, Vivendi engageait une revue stratégique sans «aucun tabou». Depuis, rien n’a changé. Ou presque. Si Maroc Telecom devrait être cédé dans les prochains mois, au mieux à l’automne, aucune autre cession ou scission n’a été engagée. Résultat, Vivendi reste lesté de 13,2 milliards de dette nette à fin mars, 700 millions d’euros de plus qu’il y a un an. Et son cours de Bourse est revenu à la case départ, sous les 15 euros.
De quoi alimenter la rumeur sur l’apparition de tensions entre Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance de Vivendi, et Vincent Bolloré, le premier actionnaire individuel du groupe. «Vincent Bolloré savait dès le départ que la transformation de Vivendi serait lourde et longue», dément une source proche de l’homme d’affaires. Entre le séminaire de direction de 2012 et celui tenu en fin de semaine dernière, la stratégie n’a pas changé, poursuit cette source. L’objectif reste de recentrer Vivendi sur les médias, un métier dans lequel le groupe bénéfice de positions mondiales ou européennes fortes et qui nécessite moins de capitaux que les télécoms.
«Vivendi peut financer les quelques milliards d’euros nécessaires à son développement dans les médias. En revanche, seulement numéro deux français des télécoms avec SFR, Vivendi n’a pas les dizaines de milliards nécessaires pour participer à la concentration mondiale dans ce domaine», résume le proche de Vincent Bolloré. D’où la volonté, une fois Vivendi désendetté grâce à la cession de Maroc Telecom, de mettre SFR en Bourse à moyen terme.
En attendant, Vincent Bolloré gère sa position au capital. Détenteur de 5% de Vivendi, l’homme d’affaire a acheté sur le marché, entre les 11 et 13 juin, un peu plus de 103.000 titres, à un cours moyen de 14,5 euros. L’investissement, de l’ordre de 1,5 million d’euros, reste modeste à l’échelle des 500 millions d’euros engagés par le Groupe Bolloré pour compléter sur le marché la participation de 1,72% reçu en échange de ses chaînes de TNT. Il vise surtout à compenser la dilution créée par l’émission de nouvelles actions liées à des plans de stock-options.
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