La tension monte entre la Société de la Tour Eiffel et son premier actionnaire
Première victoire pour Chuc Hoang, premier actionnaire de la Société de la Tour Eiffel (STE) avec 25,54% du capital et des droits de vote. La foncière a annoncé jeudi que les négociations exclusives avec Patron Capital Partners pour l’acquisition d’un immeuble de près de 20.000 m² à Malakoff (Hauts-de-Seine) ont pris fin. Le vendeur s’est retiré en raison des «incertitudes liées aux changements actionnariaux récents et [des] intentions affichées par la Compagnie MI 29 dans sa dernière déclaration d’intention» publiée par l’AMF le 30 octobre.
MI 29, l’une des structures de Chuc Hoang, y a en effet demandé la convocation d’une assemblée générale appelée à se prononcer, d’une part sur la révocation du conseil d’administration et sur la nomination de nouveaux administrateurs – MI 29 a déjà demandé à plusieurs reprises d’obtenir deux sièges au conseil –, et d’autre part sur l’opération avec Patron Capital Partners, «dont elle considère qu’elle est contraire à l’intérêt de la Société Tour Eiffel».
Cette opération, d’un montant de 28,4 millions d’euros, devait être payée intégralement en titres STE. Patron Capital Partners aurait ainsi détenu 8,4% du capital de la foncière. Le 20 septembre, lors de l’annonce de l’entrée en négociation exclusive, STE s’était félicitée d’accroître ainsi de près de 10% son patrimoine, qui serait alors composé à 60% d’immeubles de bureaux en Ile-de-France, contre 56% auparavant. Désormais, la société «regrette cette opportunité manquée qui aurait marqué, avec un an d’avance, la reprise de sa croissance».
MI 29, qui a déjà déposé plainte au pénal pour abus de pouvoir et abus de biens sociaux, ne compte pas en rester là. Avant même l’échec de cette opération à Malakoff, MI 29 a lancé une procédure de référé demandant la nomination d’un mandataire ad hoc ayant pour mission de convoquer une assemblée générale. Une action «totalement infondée et sans chance de succès», selon STE. Le juge se prononcera le 7 novembre.
STE va même plus loin, estimant que les allégations de MI 29 «lui portent gravement préjudice et visent exclusivement à la déstabiliser pour favoriser les conditions d’une prise de contrôle rampante». Pour autant, Chuc Hoang a rappelé à l’AMF qu’il n’avait pas l’intention d’acquérir le contrôle de la société, et que les titres acquis ont été financés sur fonds propres.
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