La restructuration financière de Prisa franchit une étape cruciale
En restructuration financière permanente depuis plus d’un an afin d’éponger une dette qui culminait fin 2009 à 4,8 milliards d’euros, soit plus de 6 fois son Ebitda, Prisa approche petit à petit de l’issue. Le processus vient de franchir une étape importante avec l’exercice d’une partie des options d’achats qui avaient été accordées à la famille Polanco l’an dernier, lors d’un premier accord avec les banques.
Timon, holding de la famille Polanco, s’est entendu avec Martin Franklin et Nicolas Berggruen, les deuxièmes actionnaires du groupe de médias espagnol, pour créer un véhicule ad hoc (special purpose vehicle, SPV), détenu à parité, mais contrôlé par Timon. Le SPV financera l’exercice de 75 millions de warrants en actions Prisa, au prix unitaire de 2 euros, ce qui permettra d’injecter 150 millions d’euros dans les caisses de l’éditeur d’El Pais. Cette souscription paraissait hautement improbable depuis des semaines alors que le cours de Bourse du groupe de médias ne vaut plus que 0,8 euro.
Selon la direction de Prisa, cet accord démontre le soutien des actionnaires. La famille fondatrice de l’éditeur d’El Pais va porter sa participation à 20,9%, contre 18,4% auparavant, tandis que Martin Franklin et Nicolas Berggruen détiendront 7,7% et 9,3%. Ces derniers sont actionnaires depuis la fusion, l’an dernier, de leur Spac (special purpose acquisition company) avec Prisa. Cette opération avait permis de renflouer une première fois le groupe de médias grâce aux 900 millions de dollars de trésorerie du Spac. La famille Polanco détient encore 100 millions de warrants.
Selon Exane BNP Paris, si cette «injection de cash ne résout pas le problème de bilan de Prisa, elle permet de réduire la dette nette à 2,83 milliards d’euros estimée à fin 2011, contre 2,98 milliards auparavant». Elle représentera 5,6 fois l’ebitda, 0,3 point de moins qu’estimé. L’exercice, même partiel, des warrants permet surtout de franchir un obstacle important alors que les banques de Prisa en avaient fait une condition sine qua non pour discuter d’une renégociation complète de la dette. Deux autres conditions ont été fixées: un programme de cessions d’actifs et l’émission d’un outil, obligataire par exemple, permettant de régler la question des 2,4 milliards d’euros de dettes arrivant à échéance en 2013.
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