La restructuration de Technip jette un froid sur le secteur parapétrolier
Le plan de restructuration annoncé par Technip lundi après Bourse a surpris les investisseurs et les analystes. Le contexte difficile évoqué par l’équipementier parapétrolier pour justifier sa décision a non seulement fait plier le cours de son action (-8,3% à 49,3 euros hier), mais aussi pesé sur les autres valeurs du secteur (CGG -7,2%, Vallourec -7,2%, Saipem -6,7%...).
Evoquant le décalage par ses clients de nouveaux projets en raison de la baisse durable des prix du pétrole et des «comportements irrationnels lors des appels d’offres» adoptés par certains concurrents, Technip a chiffré le coût de sa restructuration à 650 millions d’euros, passé essentiellement dans les comptes du deuxième trimestre (publiés le 30 juillet), et s’est fixé un objectif d’économies de 830 millions.
L’ampleur des mesures suggère que les difficultés sont importantes. Les analystes de la Société Générale, passés d’achat à vendre sur la valeur, soulignent «la difficulté de prévoir précisément les revenus pour 2016 et 2017», d’autant plus que «les investissements dans l’offshore en eau profonde seront probablement affectés plus longuement que dans le gaz de schiste américain ou le pétrole au Moyen-Orient». Signe aggravant, la présence de litiges. «Le groupe a isolé des montants appropriés pour les projets où il est en désaccord avec ses clients. Technip estime que la résolution de ces différends sera longue», indique le groupe.
La réduction de coûts «ne concerne que les 4 milliards d’euros de coûts fixes. A première vue, les quelques 20% d’économies sur ce poste semblent agressives, tandis que le calendrier qui fixe à la fin de l’année 2016 la réalisation de 84% d’entre elles [700 millions, ndlr] paraît également ambitieux», notent les analystes de Macquarie, qui qualifient de «terrible» le tableau brossé par l’entreprise. La confirmation de la «surperformance» du pôle Subsea (conduites sous-marines) en 2015 ne rassure pas la banque australienne: «La baisse des prises de commandes pourrait forcer le groupe à réexaminer à nouveau le pôle lorsque le carnet sera épuisé – à partir de 2017. Cela reste un danger».
Le groupe recèle pourtant des éléments de résilience. La Société Générale pointe «la souplesse généralement sous-estimée du business model» de Technip. Le courtier JPMorgan Cazenove qualifie de «raisonnable» la réponse de l’équipementier à la dégradation de son environnement, qui sera l’occasion de sortir d’activités non rentables.
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