La plate-forme alternative pour les valeurs moyennes commence à se dessiner
Quels financements pour les PME et ETI cotées ? Le mois dernier, Christine Lagarde avait confié à Gérard Rameix, médiateur du crédit, et à Thierry Giami, président de l’Observatoire du financement des entreprises par le marché, une mission de concertation et de propositions concrètes pour un financement efficace de ces PME et ETI. Alors que le rapport doit être remis à Bercy avant la fin octobre, plusieurs hypothèses sont déjà envisagées.
La première possibilité, sur laquelle MiddleNext dit travailler, serait de créer une Bourse spécifique dédiée aux valeurs moyennes. L’association ainsi que de nombreuses entreprises jugent largement insuffisantes les initiatives prises par Nyse Euronext en faveur des ETI-PME, alors qu’elles attendent une Bourse pro-active. La solution serait de créer une plate-forme alternative de concert avec Nyse Euronext. Cette nouvelle structure achèterait à l’opérateur historique les systèmes d’informations nécessaires, évalués entre 15 et 20 millions d’euros par un expert, tandis que Nyse Euronext apporterait les entreprises cotées des compartiments B et C (moins de un milliard d’euros de capitalisation) et d’Alternext.
Pour assurer la stabilité de cette plate-forme, la Caisse des dépôts pourrait en devenir le principal actionnaire, aux côtés de Nyse Euronext, de banques et de compagnies d’assurances. Ce montage pourrait être réalisé facilement au regard de sa faible intensité capitalistique. Cette proposition semble actuellement réunir la plupart des suffrages, hormis celui de Nyse Euronext. Il reviendrait alors à l’Elysée et à Bercy de convaincre les Américains de l’enjeu d’un tel projet.
Une autre possibilité serait de créer une gouvernance de marché propre aux valeurs moyennes avec un comité d’orientation, constitué de représentants de Nyse Euronext, de listings sponsors, et d'émetteurs.
La solution d’un marché européen des valeurs moyennes est également séduisante. Mais comment la mettre en œuvre, alors que trois entreprises de marché concurrentes se partagent le Vieux continent ? Sans compter la lenteur d’un tel projet, alors qu’il y a urgence : seulement 10 % des 4.000 ETI françaises sont cotées.
La mission doit absolument arriver à un consensus et proposer un projet précis à Bercy, sous peine d’enlisement du dossier. Or, un autre acteur, comme l’AIM (la Bourse britannique des valeurs moyennes), pourrait profiter de cette inertie pour venir en France et répondre aux besoins des ETI et PME.
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