La holding de Bourbon se laisse jusqu'à 2015 pour entrer en Bourse
Il faudra encore patienter avant de voir Jaccar entrer en Bourse. La holding de la famille de Jacques de Chateauvieux, actionnaire à 26% du groupe de services maritimes Bourbon, envisageait de se coter avant fin juillet 2012. Une échéance qui vient d’être repoussée au plus tard au 30 juin 2015, selon la documentation juridique des obligations convertibles que la société vient de placer.
La transaction s’est déroulée du 4 au 16 juillet, permettant à Jaccar de lever 100 millions d’euros, dans le haut de la fourchette visée. Les titres, émis au pair et assortis d’un coupon de 7%, ont une particularité: si la société ne procède pas à une IPO avant le 30 juin 2015, le rendement annuel des obligations passera à 9%.
La holding avait utilisé le même mécanisme en janvier 2010. Les 70 millions d’euros de convertibles émises à l’époque prévoyaient une IPO avant le 31 juillet 2012. Jaccar était prêt à lancer le processus dès le deuxième semestre 2011, mais ses banques l’en ont dissuadé vu l’état des marchés actions. Les titres seront donc rachetés en fin de mois au-dessus du pair afin de procurer aux porteurs un rendement de 9,5% au lieu du coupon initial de 7,5%.
«Jaccar a placé ses titres pour un montant supérieur et un coupon inférieur à ceux de l’opération de janvier 2010, ce qui est remarquable dans les conditions de marché actuelles et reflète l’attractivité pour les investisseurs de la société et de son ‘track record’ financier», estiment Thomas Feuerstein et Maxime Lecorps, chez SG CIB, seule banque sur la transaction. Les émissions de convertibles ont atteint des niveaux historiquement faibles en Europe au premier semestre. BNP Paribas recense seulement 16 transactions pour 6 milliards d’euros sur la période.
La documentation des obligations évoque une IPO «sur un marché européen régulé ou une Bourse asiatique reconnue». Mais, précisait hier Jacques de Chateauvieux, «c’est bien une cotation en Asie que nous visons, à Hong Kong ou à Singapour. Notre objectif est d’être prêt à introduire Jaccar en Bourse à tout moment à partir de début 2013, une fois les comptes annuels 2012 publiés.» La holding ouvrirait son capital à hauteur de 25% au moins, pour financer l’accroissement de la flotte de Bourbon, la poursuite de sa montée au capital de son principal actif (jusqu’au seuil de 30%) et le développement de ses activités de pêche industrielle, entre autres projets.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATMétaux stratégiques : l’autre front des tensions géopolitiques
Derrière les 20 % de brut mondial transitant par le détroit d'Ormuz, la crise affecte directement les métaux. La région détient 10 % des capacités de production d'aluminium, exposées à des dommages permanents, et sécurise 40 à 50 % des exportations mondiales de soufre, un intrant indispensable à l'extraction du cuivre et du nickel. -
PARTENARIATIA: où se situent les vraies opportunité d’investissement ?
L’IA crée des goulots d’étranglement techniques qui se transforment en opportunités majeures pour surperformer le marché. -
Prosus estime avoir réussi son virage stratégique
Le conglomérat technologique néerlandais table sur une hausse de son bénéfice par action sous-jacent comprise entre 19% et 28% pour son exercice clos fin mars 2026.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter