La direction d’Archos veut se renforcer au capital au détriment de ses minoritaires
Archos provoque l’ire de ses actionnaires. Le cours de l’action du fabricant de tablettes et de smartphones a plongé de 9,61% vendredi pour finir à 2,07 euros. Le groupe projette une augmentation de capital réservée à ses dirigeants à des conditions extrêmement avantageuses. Les nouvelles actions émises au profit du président Henri Crohas, du directeur général Loïc Poirier et d’une partie non précisée des managers le seront au prix unitaire de 1,52 euro, soit une décote de 35% sur le dernier cours de Bourse. L’opération se fera sans droit préférentiel de souscription et sans avoir besoin de soumettre un prospectus à l’AMF.
Cette augmentation de capital réservée est conforme au vote de l’assemblée générale extraordinaire de juin 2013. La 16e résolution a en effet donné le droit à la société de déroger aux conditions habituelles pour déterminer le prix d’émission des actions dans la limite de 10% du capital social. Celles-ci prévoient, selon l’article L 225-136 du Code de commerce, que la société établisse un rapport du conseil d’administration et un rapport spécial du commissaire aux comptes.
L’opération aura un important effet dilutif sur les autres actionnaires. Sur une base totalement diluée, c’est-à-dire en prenant en compte tous les instruments susceptibles de créer de nouvelles actions, notamment la ligne de fonds propres (Paceo) mise en place en 2013, un actionnaire détenant 1% du capital verra sa part tomber à 0,84%.
La direction d’Archos n’était pas joignable vendredi. Elle explique dans un communiqué vouloir constituer un «noyau dur de managers opérationnels intéressés à la performance de l’action Archos sur la durée». Après cette opération, Henri Crohas, Loïc Poirier et les autres managers détiendront 13,3% du capital, contre 8,9% actuellement détenu par le PDG. Et «grâce à l’attribution des droits de vote double après deux ans d’inscription nominative», leur part représentera «plus de 20% des droits de vote». De quoi faciliter la tenue des AG alors qu’Archos se plaint de sa difficulté à réunir le quorum. Les deux dernières AG se sont néanmoins tenues sans difficultés, en deuxième convocation.
Henri Crohas se félicite de l’investissement personnel de son directeur général, pour un montant de 874.000 euros (575.000 actions). Il omet de rappeler que Loïc Poirier était détenteur de 120.000 titres jusqu’en septembre 2013. Il les a vendus au prix de 3,9 euros par action.
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