La désintermédiation suscite l’intérêt grandissant des directeurs financiers

Interrogés par Deloitte, 53% des professionnels estiment que les placements privés répondent mieux à leurs attentes que les émissions obligataires
Yves-Marc Le Réour

Les financements désintermédiés devraient poursuivre leur croissance en France, si l’on en croit la troisième édition du baromètre d’opinions des directeurs financiers publié par Deloitte. Réalisé en septembre auprès d’un échantillon de 74 dirigeants de grandes entreprises françaises ou de filiales d’entreprises étrangères établies en France, ce sondage aborde les stratégies de financement envisagées pour accompagner une sortie de crise.

La diversification des sources de financement est considérée par 46% des répondants comme l’un des principaux levier d’amélioration de la trésorerie, juste derrière l’optimisation du besoin en fonds de roulement qui recueille un score de 77%. Une proportion de 35% des répondants juge que la part du financement bancaire dans l’endettement de leur entreprise devrait diminuer d’ici à fin 2014, alors que 55% n’envisagent aucune baisse.

Contrairement aux financements en fonds propres qui affichent un net recul par rapport à l’enquête d’avril dernier, les placements privés, les emprunts BEI et les obligations gagnent du terrain, 55% des directeurs financiers songeant à utiliser prochainement ces financements non bancaires.

Si les deux tiers de l’échantillon estiment que les solutions actuelles de financements désintermédiés répondent à leurs attentes, 30% des répondants sont d’un avis contraire. Ces derniers mettent en avant le montant trop élevé exigé par le marché, des compétences internes limitées, une mise en œuvre trop complexe par rapport à la taille de l’entreprise ou un coût financier trop important. A cet égard, 53% estiment que les placements privés répondent davantage à leurs attentes que les placements obligataires faisant appel public à l’épargne.

Les responsables interrogés ne sont toutefois que 22% à se sentir partie prenante dans les discussions de Place sur la structuration de nouveaux modes de financement, 19% d’entre eux estimant ne pas être impliqués. Le reste de l’échantillon se partage entre ceux qui ne se sentent pas concernés (28%) et ceux qui ne se sont jamais posé la question (31%).

Quant à la notation de crédit, les trois quarts des dirigeants sondés la perçoivent comme un moyen de faciliter l’obtention de nouveaux financements. Mais en excluant les 38% d’entreprises déjà notées, seulement 4% des directeurs financiers affirment vouloir franchir cette étape à court ou moyen terme.

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