La consolidation du secteur des télécoms en Italie nourrit les spéculations
L’Italie se profile comme le nouveau champ de bataille des opérateurs télécoms en Europe. Alors que les actionnaires de Telecom Italia se sont déchirés le 20 décembre en assemblée générale en raison du poids de Telefonica dans la gouvernance, le numéro trois du secteur, Wind, pourrait voir évoluer son tour de table. Sa maison mère, VimpelCom, cotée à New York mais contrôlée par le milliardaire russe Mikhail Fridman, étudierait en effet toutes les options pour sa participation, a indiqué cette semaine le Financial Times.
Des discussions exploratoires auraient été menées avec Hutchison Whampoa, actionnaire du quatrième opérateur télécom italien, Tre. Elles n’ont pas progressé au point d’envisager un rapprochement entre les deux groupes. L’an dernier, Hutchison Whampoa avait aussi discuté en vain avec Telecom Italia.
De plus petits marchés comme l’Autriche et l’Irlande sont déjà passés de quatre à trois opérateurs et, en Allemagne, le rachat annoncé d’E-Plus par O2 va tester la doctrine des services de la concurrence à Bruxelles. La question se pose désormais pour l’Italie. «Le sujet de la concurrence ne peut cependant se limiter au maintien d’un nombre déterminé d’opérateurs, puisque la notion de parts de marché est tout aussi importante, estime Dominique Daridan, responsable de la recherche crédit chez Aurel BGC. De ce point de vue, la situation du marché italien n’incite guère à la suppression d’un opérateur, puisque Telecom Italia détient environ 35% du marché de la téléphonie mobile, devant Vodafone avec 25%, Wind avec 24% et enfin Tre (Hutchison Whampoa) avec 10%.»
La réflexion de VimpelCom est indissociable de sa situation d’endettement et de celle de sa filiale italienne. Le groupe songe à refinancer la dette de Wind, qui atteignait 9,2 milliards d’euros à fin juin, soit un ratio de dette sur Ebitda (excédent brut d’exploitation) de 4,7 fois. Il n’est cependant pas pris à la gorge: le gros des remboursements est prévu en 2017 et 2018 avec respectivement 4,7 et 3,2 milliards d’euros de tombées obligataires et d’échéances bancaires. A son niveau, VimpelCom figure par ailleurs parmi les opérateurs télécoms les plus endettés, avec 19 milliards d’euros de passifs bancaires et obligataires.
Plus d'articles du même thème
-
Holcim va céder le contrôle de sa filiale philippine à un groupe chinois
La transaction, qui s’effectuera en deux étapes, valorise au total ces activités à plus de 807 millions de dollars. -
La nervosité des investisseurs à l'égard de l’IA grimpe d’un cran au cœur de l’été
Le secteur des semi-conducteurs s’est subitement envolé en Bourse en fin de semaine après s’être effondré lors des jours précédents. Des réactions extrêmes qui traduisent la fébrilité du marché quant aux perspectives de l’intelligence artificielle. -
Les pétroliers américains préparent le terrain à des périodes moins fastes
Exxon Mobil et Chevron ont tous deux consacré une partie de leur excédent de trésorerie à la diminution de leur endettement au deuxième trimestre 2026.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- La Société Générale affiche une forme olympique avant un nouveau plan à trois ans
- Les investisseurs troquent leurs carrés Hermès contre des sacs Gucci
- La Société Générale augmente sa cible de rentabilité et va racheter 1,5 milliard d'euros d'actions
- L’IA irrigue la croissance des entreprises du CAC 40
- Clap de fin pour plusieurs plateformes historiques d'échange crypto
Contenu de nos partenaires
-
Mur des lamentationsEmmanuel Macron, le « doudou » et les « pleureuses »
Entre 2012 et 2014, François Hollande ironisait sur les « pleureuses » (les patrons) qui venaient se lamenter dans le bureau de leur « doudou » ( Emmanuel Macron) -
Come backPrésidentielle : comment Hollande drague à son tour les patrons
Depuis quelques mois, l'ex-président honni rencontre de nombreux chefs d'entreprise qui prennent en considération son futur programme. Ce n'est pas de l'amour, mais de l'intérêt bien compris -
EditoImmigration : il y aura un avant et un après Ceuta
Cette crise a valeur de test pour l'Europe mais aussi pour les candidats de gauche et de droite à la présidentielle