La Concurrence ne s’oppose pas au passage de 4 à 3 opérateurs mobiles
Le rapprochement annoncé entre Numericable-SFR et Bouygues n’est pas sans soulever l’éternelle question de la concurrence. Si le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a manifesté son opposition à cette opération, craignant ses effets sur l’emploi et sur les investissements dans le secteur alors qu’il vient de lancer l’appel d’offres sur les fréquences 700 Mhz libérées par la télévision, l’Autorité de la concurrence pourrait avoir un autre regard. Le dossier lui reviendra et non à Bruxelles, plus des deux tiers du chiffre d’affaires des sociétés concernées étant réalisés en France. Le président de l’Autorité, Bruno Lasserre, a déjà déclaré par le passé qu’il «n’y a pas de chiffre magique pour un marché idéal».
Numericable-SFR a déjà anticipé les concessions que pourrait exiger le gendarme de la concurrence et s’est engagé à céder une partie du réseau de Bouygues à Iliad, pour accélérer le déploiement de Free Mobile. «Des incertitudes demeurent sur le B2B, où le marché deviendrait un duopole entre Orange et Numericable-SFR-Bouygues, note Nomura. Nous ne croyons pas qu’Iliad serait intéressé par entrer sur le marché du B2B en raison des coûts; l’autorité antitrust aurait besoin d’être créative si elle décide d’entreprendre un examen distinct par marché».
Le débat sur le nombre idéal d’opérateurs ne se limite pas à la France. Au Danemark, où Telenor et TeliaSonera veulent fusionner leurs activités, la Commission européenne doit leur communiquer cette semaine ses griefs. Selon Reuters, Bruxelles considère que ce rapprochement risque d’entraîner une hausse des tarifs en réduisant la concurrence entre la nouvelle entité et les deux autres acteurs locaux, TDC, ancien opérateur historique, et Hi3G, contrôlé par Hutchison Whampoa.
Ce mouvement de concentration avait déjà débuté en Autriche en 2012, en Irlande et en Allemagne en 2014. Il y aura bientôt un an que Bruxelles aura donné son feu vert au mariage entre E-Plus et O2, filiales respectives de KPN et de Telefonica. Grâce à leur rapprochement, ces deux acteurs occupent désormais la première place outre-Rhin, devant T-Mobile et Vodafone.
La Commission avait notamment exigé que le nouvel ensemble cède 30% de son réseau à un, deux ou trois opérateurs mobiles virtuels (MVNO). Et l’Italie pourrait être bientôt concernée par le passage de 4 à 3 opérateurs mobiles, avec les rumeurs récurrentes de rapprochement entre Wind, filiale de VimpelCom, et 3 Italia, détenu par Hutchison.
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