La concurrence d’Amazon divise le secteur du transport
Les grands transporteurs américains, UPS, DHL, FedEx et US Postal Service, avaient l’habitude de jouer à quatre. Frederick Smith, le directeur général de FedEx, a reconnu la semaine dernière, au moment où il lançait un nouvel avertissement sur résultats, qu’un cinquième joueur est en train de bousculer les règles : Amazon.
Il y a encore quelques semaines, Amazon était l’un des premiers clients de FedEx. Mais en juin, puis en août, le transporteur américain a décidé de ne pas renouveler ses contrats de transports aérien et routier avec le distributeur. Pour FedEx, il s’agissait de réduire sa dépendance au groupe de commerce en ligne, de mettre fin à des contrats jugés peu margés par les analystes financiers et de satisfaire la demande d’autres distributeurs comme Walmart. Le groupe a également besoin de se concentrer sur l’intégration de TNT.
La décision de FedEx intervient aussi au moment où Amazon multiplie les investissements dans le transport de marchandises. Le groupe de Jeff Bezos a par exemple investi 1,5 milliard de dollars dans la construction d’un hub aérien dans le Kentucky. Il loue déjà quarante avions cargo et a signé un accord pour en ajouter dix autres au cours des deux prochaines années.
La maîtrise du dernier kilomètre
La nouvelle concurrence d’Amazon dans le transport ne s’arrête pas aux Etats-Unis. Le groupe a commencé à embaucher ses propres chauffeurs en Allemagne et prévoit d’ouvrir onze autres centres de distribution dans le pays, en plus des treize actuels. «Si nous avons le dernier kilomètre entre nos mains, nous pouvons offrir plus de services comme la livraison le jour même», a récemment expliqué à Reuters Bernd Gschaider, le directeur d’Amazon Logistics en Allemagne.
Pour mieux résister à Amazon, UPS a fait le choix inverse de FedEx en investissant pour renforcer ses relations avec le e-commerçant. Le concurrent de FedEx a lancé l’an dernier un plan d’investissement de 20 milliards de dollars afin d’adapter ses infrastructures aux nouvelles exigences de productivité des grands clients. Des efforts qui commencent à porter leurs fruits puisque la marge opérationnelle d’UPS est repassée au-dessus des 10% au deuxième trimestre, à 12%, niveau que le groupe n’avait plus atteint depuis le deuxième trimestre 2017. La marge opérationnelle d’UPS est quasiment deux fois supérieure à celle de FedEx.
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