La Bourse de Paris tourne le dos à Solairedirect
Solairedirect n’entrera pas à la Bourse de Paris. Le développeur de centrales photovoltaïques a annoncé hier avoir «décidé de reporter son introduction en Bourse». Même si le groupe assure avoir «rencontré un large intérêt et une demande diversifiée et de qualité de la part des investisseurs», cela n’a pas suffi à remplir le carnet d’ordres. «Celui-ci n’était couvert qu’à 50% en fin de semaine dernière», soit 3 jours avant la clôture du placement global auprès des investisseurs institutionnels, a indiqué à L’Agefi une source de marché. L’IPO était dirigée par Deutsche Bank et Citigroup.
Il s’agit de la deuxième IPO qui échoue à Paris, après celle de Spie en octobre 2014. Mais dans ce dernier cas, les conditions de marché avaient largement compliqué le placement des titres, avec une chute de 7% du CAC 40 pendant la période de souscription. Pour Solairedirect, l’effet de marché est moins fort, même si l’indice de la Bourse de Paris a corrigé d’un peu plus de 3% ces deux derniers jours. Le modèle de la société a suscité des réticences. «Ne détenant que des participations minoritaires dans les sociétés de projets qu’il développe, Solairedirect ne peut pas consolider ces actifs, mais simplement les comptabiliser en équivalence», explique par exemple une source financière.
L’opération envisagée par Solairedirect représentait un montant total de 217,4 millions d’euros, dont 175 millions d’euros d’actions nouvelles. Avec ces nouveaux capitaux, la société comptait conserver plus longtemps les projets qu’elle développe et bénéficier ainsi de leurs cash-flows, alors que sa structure de bilan actuel et les fonds propres nécessaires dans ce secteur nécessitent une revente rapide des centrales une fois en fonctionnement. L’IPO devait également permettre aux actionnaires comme Demeter ou Techfund de s’alléger au capital.
Officiellement, l’introduction en Bourse est simplement reportée, ce qui laisse entendre que Solairedirect pourrait tenter sa chance une seconde fois. Toutefois, «l’histoire montre qu’il est quasiment impossible de se représenter devant les investisseurs après avoir mis un terme à une introduction en Bourse déjà lancée», note un banquier spécialiste de l’equity capital market. Lucien Barrière ou Verallia en savent quelque chose. En 2005, Eutelsat était bien parvenu à entrer sur le marché à sa deuxième tentative, mais il avait dû consentir pour cela un rabais de 20% sur le prix de ses actions.
Plus d'articles du même thème
-
«Notre crainte est que le marché du crédit reste volatil»
Benoist Grasset, gérant high yield chez Generali Investments -
«Les marchés ne semblent pas croire à une appréciation durable du yen»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
« La prudence des investisseurs sur les actifs français peut durer jusqu’au printemps »
Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques et de la gestion diversifiée, Lazard Frères Gestion.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Le régulateur suisse autorise le premier ETF investi sur le bitcoin
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
« L'Etat sera là » : Lecornu promet de reconstruire la mairie de Limoges « à l'identique »
« Le contribuable local, communal, ne mettra pas un euro dans la reconstruction de cet hôtel de ville », a indiqué le Premier ministre. Matignon souhaite une « procédure Notre-Dame » de Paris -
Mobilisation du 24 octobre : des dizaines de milliers de manifestants à Paris, Marseille... des dégradations à Grenoble
Une nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère a lieu dans toute la France, ce samedi 24 octobre, après les violences du 17 octobre. Les manifestations sont placées sous la haute surveillance des forces de l’ordre : 70 000 policiers et gendarmes sont déployés dans le pays -
Orléans : entre 11 000 et 26 000 personnes manifestent contre le congrès du Rassemblement national
Samedi 24 octobre, entre 11 000 et 26 000 personnes, selon la préfecture et les organisateurs, se sont élancées dans un cortège pour marquer leur opposition au Rassemblement national, qui tient un congrès dans la cité. Un important dispositif des forces de l’ordre encadre les manifestants