KPN relance le projet de cession de son activité de téléphonie mobile en Belgique
KPN ressort des cartons le projet de cession de Base, son activité de téléphonie mobile belge héritée d’un ancien réseau Orange. Selon Bloomberg, l’opérateur néerlandais œuvre avec JPMorgan à une nouvelle tentative après l'échec essuyé en 2012 en raison d’offres reçues jugées «insatisfaisantes». Le groupe basé à La Haye pourrait retirer de 1,1 à 1,5 milliard d’euros de l’opération, estiment les analystes de Raymond James, et profiter d’un contexte de valorisation favorable dans les télécoms. KPN a cédé l’an dernier sa filiale allemande E-Plus au géant espagnol Telefonica.
Une telle opération a du sens pour KPN dans la mesure où Base manque de taille critique. L’opérateur s’efforce d’accroître la part de clients avec des forfaits mensuels, au détriment du prépayé, et de stimuler la consommation de données. Mais l’activité «ne contribue plus au free cash flow du groupe, étant donné que l’Ebitda de Base couvre à peine les capex actuels», notent les spécialistes de Raymond James. Parmi les candidats naturels figurent Altice et Liberty Global, ainsi que des fonds de private equity. Pour le câblo-opérateur flamand Telenet (contrôlé par Liberty Global), qui recourt actuellement au réseau Mobistar (filiale d’Orange) en tant que MVNO (opérateur mobile virtuel), les activités mobiles de Base compléteraient à merveille son réseau fixe, soulignent les analystes de Berenberg.
Leurs confrères de Raymond James font également remarquer que Telenet doit affronter une hausse du trafic 4G (avec une augmentation des redevances versées à Mobistar) et qu’une opération avec un autre opérateur belge permettrait de dégager des synergies opérationnelles, d’infrastructures de réseau et mêmes fiscales. Pour le groupe de Patrick Drahi, Base permettrait à Altice d'étoffer son petit dispositif en Belgique, constitué du câblo-opérateur Coditel.
«Enfin, nous n’excluons pas un intérêt de la part d’Iliad, qui a exprimé son souhait d’expansion internationale», ajoutent les analystes de Raymond James. Mobistar pourrait également être tenté même si Gervais Pellissier, le directeur général délégué d’Orange, a récemment jugé l’idée d’une acquisition de Base «pas simple à mettre en œuvre» auprès des autorités de la concurrence.
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