Korian profite de la résistance du marché de l’Euro PP
Face à la volatilité provoquée par la crise grecque, le marché public de la dette est immobilisé depuis plusieurs jours. Celui des placements privés semble nettement mieux résister. Korian a placé un Euro PP coté pour un montant cumulé de 179 millions d’euros, supérieur aux 150 millions initialement visés.
L’opération, souscrite par une quinzaine d’investisseurs européens, était divisée en trois tranches, dont une principale de 135 millions d’euros à 8 ans, avec un coupon de 3,306%. «L’objectif premier visait à allonger la maturité de notre dette, ce qui n’aurait pas nécessairement été possible sur le marché public non noté et encore moins dans les conditions de volatilité actuelles», reconnaît Didier Laurens, le directeur des relations investisseurs de Korian.
Le groupe de maisons de retraite, qui en est à son cinquième placement privé de dette en comptant ceux réalisés par Korian et Medica avant la fusion, a même réussi à placer 16 millions d’euros à 10 ans. «La tranche à 10 ans est relativement petite mais elle est qualitativement importante, en permettant d’avoir une référence sur cette échéance», explique Didier Laurens. Clémence Berroëta, directeur exécutif origination de dette corporate midcaps chez Crédit Agricole CIB, qui a arrangé l’émission avec SG CIB, est persuadée que «dans le contexte de volatilité actuel, le marché public n’accorderait pas des maturités aussi longues pour un émetteur non noté».
La résistance relative du marché de l’Euro PP, sa capacité à «jouer le même rôle d’amortisseur de volatilité que l’US PP, avec des investisseurs beaucoup plus orientés sur l’analyse du crédit que sur les tendances de marché», comme l’indique Clémence Berroëta, se ressent aussi dans les conditions de taux. Si «les investisseurs, dans le contexte de volatilité actuelle, regardent l’évolution des spreads sur les marchés publics, dans le cas de Korian, le profil de crédit et les fondamentaux solides du secteur ont permis d’optimiser les conditions de l’Euro PP et de les faire converger vers celles obtenues fin 2014 lors de l’émission du Schuldschein», appuie Carol Agard, directeur global capital market chez SG CIB. Korian avait alors placé dans cette émission de droit allemand 375 millions d’euros.
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