Kering veut doubler la taille d’Alexander McQueen d’ici trois à quatre ans
Kering mise sur le potentiel d’Alexander McQueen. Vendredi à l’occasion d’une journée investisseurs à Londres, le groupe de luxe a présenté ses ambitions pour cette marque, encore petite au regard des autres actifs du groupe. En 2014, Alexander McQueen a dégagé plus de 250 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit environ 18% des ventes des «petites marques» du groupe et moins de 4% des ventes du pôle luxe. Sa marge opérationnelle – de 10% à 13% selon les analystes – devrait atteindre 15% à horizon trois ou quatre ans pour un chiffre d’affaires de 500 millions d’euros, a expliqué Jonathan Akeroyd, PDG d’Alexander McQueen.
Pour y arriver, la marque de luxe mise sur le développement de son réseau de boutiques (qui pourrait passer de 45 en propre en 2015 jusqu’à 90) afin qu’elles représentent 54% des ventes contre 36% aujourd’hui. Il veut aussi accélérer son offre de maroquinerie, qui devrait peser un tiers des ventes de la marque d’ici trois à quatre ans au lieu de 20% actuellement. «La forte dynamique de McQueen démontre la qualité de la plate-forme construite par Kering pour ses relais de croissance ‘Soft Luxury’, note CM-CIC. Nous restons plus circonspects à ce stade sur la qualité des actifs de ‘Hard Luxury’ et ‘Sport & Lifestyle’, et la capacité de Gucci à repartir en croissance significative».
D’ailleurs, «les sujets de fond, à savoir les restructurations en cours chez Gucci, les modifications des habitudes de consommation […], l’enjeu de la digitalisation des activités, etc. n’ont pas été abordés en réunion plénière», regrette Natixis, tout en abaissant son objectif de cours de 186 à 160 euros. Pour sa part, Kepler Cheuvreux relève «le manque de visibilité sur la reprise de Gucci et sur son ampleur».
Si Kering a continué de faire preuve de prudence sur les résultats du premier semestre, les ventes de luxe ont bénéficié de tendances positives au deuxième trimestre en Europe, notamment grâce au tourisme. «Les tendances fortes en Europe et au Japon pourraient plus que compenser la faiblesse aux Etats-Unis et en Asie-Pacifique», note Kepler Cheuvreux. D’ailleurs, le premier trimestre devrait marquer un point bas en termes d’activités, estime Aurel BGC.
En attendant, Kering a rebondi de 3,23% hier à 159,70 euros, limitant son recul à 2% depuis un an, quand son grand concurrent, LVMH, gagne 15%.
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