Japan Airlines offre un nouveau profil pour son retour en Bourse
Emportée par la précédente crise de 2009, Japan Airlines renaît… en pleine crise. Nationalisée début 2010 au terme de la plus importante faillite de l’histoire de l’industrie japonaise avec 25 milliards de dollars de dette, la compagnie aérienne fera son retour le 19 septembre à la Bourse de Tokyo. Le montant du placement, composé uniquement d’actions cédées par l’Etic, le véhicule semi-public de redressement des entreprises japonaises, pourrait atteindre 6,7 milliards d’euros, ce qui en fera la plus importante introduction en Bourse depuis celle de Facebook en mai 2012. Au total, 175 millions d’actions sont mises en vente, à un prix unitaire compris entre 3.500 et 3.790 yens. Un quart du placement est réservé aux investisseurs internationaux.
Depuis sa reprise par l’Etat, l’environnement économique s’est fortement dégradé. Pourtant, dans l’intervalle, JAL «a connu une transformation colossale», explique Cédric Chaboud, responsable des investissements de Skylar, un fonds de la SPGP spécialisé dans les IPO: «Les effectifs ont été réduits d’un tiers, la flotte a été concentrée sur un plus petit nombre d’appareils, les routes les moins rentables ont été abandonnées. Résultat, JAL est devenue l’une des compagnies les plus rentables du secteur.» Sa marge d’exploitation a atteint 17% lors du dernier exercice clos fin mars.
La résurrection de JAL s’explique aussi par la résistance du marché aérien japonais, sur lequel la compagnie est en situation de quasi duopole avec ANA. «Le marché japonais assure 60% du résultat opérationnel de JAL. Or, compte tenu des caractéristiques géographiques de l’archipel, ce moyen de transport reste très compétitif par rapport aux trains. De même, reléguées assez loin des grandes métropoles, les compagnies low-cost n’ont pas réellement percé», indique Cédric Chaboud. Après le tremblement de terre de mars 2011, alors que le trafic vers l’international a chuté de 30%, celui à l’intérieur de l’archipel n’avait baissé que de 3,5%.
Ces caractéristiques devraient assurer la réussite de l’opération, d’autant que le prix des actions offre une décote de près de 50% par rapport aux comparables. Le ratio théorique valeur d’entreprise sur Ebitda ressort à 2,5 fois contre 5,3 fois pour ANA. L’Etic doit céder la quasi-intégralité de sa participation, ce qui limitera également le risque de placement de nouvelles actions par la suite.
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