Henri Proglio confie un EDF «simplifié» à Jean-Bernard Lévy
EDF a tourné la page des années Proglio. Après un unique mandat de cinq ans, Henri Proglio a présidé vendredi dernier sa dernière assemblée générale, laissant avec une émotion visible le siège de PDG à Jean-Bernard Lévy. «Cinq ans c’est court, j’ai vécu une aventure passionnante» et «j’aurais aimé accompagner le lancement de cette phase délicate», a reconnu Henri Proglio, évoquant les défis industriels et financiers soulevés par la transition énergétique.
Le PDG sortant a défendu son bilan à la tête de la première entreprise publique française. En plus de la rentabilité d’EDF, qui affiche «l’efficacité économique la plus forte en Europe» de son secteur, Henri Proglio a salué un «climat apaisé exempt de tout conflit social» et une action «de bon sens, en remettant au centre de la stratégie trois grandes valeurs: emploi, investissements et innovation».
«Je ne fais pas un bilan flatteur, non, je rappelle à chacun qu’il peut être fier d’EDF», a lancé le PDG sortant, rappelant au passage à l’Etat actionnaire la contribution du groupe aux finances publiques sous son mandat: 7,6 milliards d’euros cumulés d’impôt sur les sociétés et 11 milliards de dividende versés aux actionnaires, au premier rang desquels l’Etat avec ses 85% du capital. Certains actionnaires minoritaires n’ont toutefois pas manqué de rappeler que sous le mandat d’Henri Proglio, le cours de l’action EDF est passé de 40 à 23 euros, perdant près de 40% alors que dans le même temps le CAC 40 gagnait 15%. Le PDG y voit surtout «l’injustice de la vue à court terme des marchés financiers».
Selon Henri Proglio, Jean-Bernard Lévy prend la tête d’un «EDF simplifié, procurant une grande visibilité sur son avenir. A charge pour lui de mener à bien la transition énergétique, je lui souhaite bonne chance». Présent Salle Pleyel, où se tenait l’AG vendredi, Jean-Bernard Lévy a salué «le travail exceptionnel d’Henri Proglio» et s’est engagé à «poursuivre l’œuvre entreprise depuis soixante ans» par le premier producteur mondial d’électricité.
«Je pense pouvoir apporter à EDF une expérience industrielle, une connaissance des technologies, en particulier du numérique», a expliqué Jean-Bernard Lévy.
Plus d'articles du même thème
-
« La dynamique des bénéfices reste le principal moteur des marchés »
Laurent Denize, directeur des investissements chez Oddo BHF AM -
«Le mouvement baissier sur les taux Bunds nous semble inéluctable, le débat porte sur le rythme»
Julien Petit, responsable de la gestion crédit & absolute return chez Arkéa AM. -
«Croissance et inflation limitent le potentiel de dépréciation du dollar à court terme»
Amélie Derambure, responsable de stratégies d’investissement multi-actifs chez Amundi.
ETF à la Une
VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification
Contenu de nos partenaires
-
Double-faceBonne nouvelle pour la productivité, mauvaise nouvelle pour le chômage
Le décrochage de la productivité en France par rapport au reste de l'Europe n'est pas confirmé. Une bonne nouvelle pour le dynamisme de l'économie, une mauvaise nouvelle pour l'emploi, au moins à court terme. -
OasisDéserts médicaux : le Sénat relance la régulation de l'installation des médecins
Le Parlement s’est penché il y a un an sur une proposition de loi censée réguler l'offre médicale sur le territoire. Elle revient jeudi sur les bancs du Sénat -
TribuneAffaire Lyhanna : « Il est temps de retrouver le lien entre la justice et les citoyens » – par Alain Bauer
« La parole des enfants n’est plus prise en compte par défaut. Au contraire, une présomption de mensonge prend le dessus et le principe de précaution pour préserver le système politico-judiciaire d’une nouvelle crise majeure dépasse la préoccupation essentielle de protection des enfants »