Gemalto table sur une montée en puissance progressive des nouvelles cartes eSIM
Gemalto, dont l’action a reculé de 24% à 59,7 euros sur un mois, cherche à rassurer les investisseurs concernant le potentiel de la carte SIM («Subscriber Identification Module»). Lors d’une réunion organisée hier, le groupe a rappelé que cette carte, dont le format standardisé a beaucoup évolué depuis ses débuts en 1991, est un module composé principalement d’un microprocesseur et d’un logiciel sécurisé. Il contient l’identifiant de l’abonné et les données de connexion au réseau propres à chaque opérateur mobile.
Ces données, entrées en usine, sont ensuite attribuées à un abonné puis gérées à distance tout au long d’un cycle de vie très variable. «Une carte SIM utilisée en mode prépayée vendue par un opérateur indien a généralement une durée de vie de trois mois», indique le directeur général adjoint Philippe Vallée.
Après la carte SIM amovible est apparue la carte SIM soudée, standardisée depuis 2010, qui permet de connecter un objet ou une machine au réseau de l’opérateur. Connu sous le nom de MIM («Machine Identification Module»), elle est utilisée dans l’industrie et a une durée de vie de dix ans. Une norme de connexion sécurisée à distance est utilisée pour la MIM, qui peut désormais être amovible, mais la technologie sous-jacente n’est pas adaptée à des applications grand public.
Afin de favoriser le développement de ce segment de marché, la GSMA, association regroupant près de 850 opérateurs mobiles mondiaux, a défini en juillet dernier les principes de l’architecture de la SIM embarquée (eSIM). Il s’agit de mettre en place un mécanisme sécurisé d’activation et de désactivation de la connectivité entre la carte et le réseau de l’opérateur. Gemalto «proposera en fin d’année un prototype de ce mécanisme» qui est d’ailleurs indépendant du format de la carte. Cette solution interopérable est destinée à remplacer des solutions propriétaires lancées notamment par Apple pour sa montre connectée.
Alors que l’ensemble des cartes SIM génère actuellement 7 à 8 milliards de connexions actives, le nombre de connexions est susceptible de décupler d’ici une quinzaine d’années grâce aux cartes MIM et eSIM. Si Gemalto compte tirer parti de l’extension du marché de la télé-administration, «le décollage devrait être progressif car ces nouvelles technologies obligeront les opérateurs à modifier leurs ‘back-offices’, tandis que les fabricants de smartphones devront abandonner leur technologie propriétaire».
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