GDF Suez sacrifie massivement la valeur de ses actifs européens
Gérard Mestrallet n’a pas battu Jean-René Fourtou. Les 14,87 milliards d’euros de dépréciations annoncés hier par GDF Suez restent inférieurs au record de 18,4 milliards de Vivendi Universal en 2002 quelques mois après la démission de Jean-Marie Messier. Maigre consolation. Car, même si elle n’entraîne aucune sortie de cash, l’écriture envoie les comptes annuels de GDF Suez dans le rouge vif (-9,7 milliards d’euros). Elle illustre surtout l’ampleur des difficultés du groupe en Europe.
Malgré le rachat d’International Power en 2012, la moitié des capacités de production de GDF Suez est encore située sur le Vieux Continent et la région représente 80% de son chiffe d’affaires.
A la baisse de la consommation d’électricité (pas de croissance économique, efficacité énergétique...) s’est ajoutée l’arrivée des capacités renouvelables subventionnées et prioritaires sur les réseaux. Résultat, les centrales thermiques européennes de GDF Suez tournent à 20% de leur capacité et brûlent plus de cash que de gaz. Le groupe paie aussi la révolution du gaz de schiste américain qui a provoqué un afflux massif de charbon bon marché vers l’Europe au moment où les énergéticiens installaient des centrales gazières dont certaines n’ont jamais servi.
Sur les 5,67 milliards d’euros de dépréciations d’actifs inscrites en 2013, les deux tiers portent sur les centrales thermiques en Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg et France, le solde étant réparti en Italie et dans le reste de l’Europe. Quant aux 4,44 milliards de dépréciations de goodwills, 80% sont imputés à la division Europe de l’ouest.
«Nous avons subi l’effet d’une bombe atomique», déplore Gérard Mestrallet en direction des politiques. Le PDG rappelle qu’il avait tiré le signal d’alarme dès 2012 en dépréciant de 1,5 milliard d’euros sa division Europe. Depuis, tous les producteurs ont accumulés les dépréciations, E.ON venant juste derrière GDF Suez avec 11 milliards.
Cette remise à plat doit permettre à GDF Suez de repartir de l’avant. Déjà, par la baisse des amortissements, la dépréciation rapportera 350 millions de résultat net récurrent en 2014, de quoi compenser la conjoncture négative, avant un retour de la croissance. Pour la nourrir, le groupe va relancer ses investissements en coupant son dividende: 1 euro minimum contre 1,5 euro ces dernières années, soit une économie de 1,2 milliard d’euros par an. Il avait fait l’inverse en 2012.
Plus d'articles du même thème
-
Kerialis a confié la gestion de son portefeuille de retraite à Sienna et Axa
Le fonds de retraite professionnelle supplémentaire des salariés des cabinets d'avocats met fin à une délégation de gestion de vingt ans confiée à Axa et a sélectionné deux mandataires pour gérer en direct un portefeuille de 1,37 milliard d'euros. -
L'AFG promeut dans un livre blanc la retraite supplémentaire par capitalisation
A l'occasion du Paris Finance Forum organisé ce 9 juin par Paris Europlace, Philippe Setbon, le président de l'association professionnelle, a annoncé la sortie d'un livre blanc promouvant ce régime pour relancer le débat à un an de l'élection présidentielle. -
Rubis contient les nouvelles ambitions d’un actionnaire activiste
Le premier investisseur du spécialiste de la distribution de produits pétroliers n’est pas parvenu à ses fins lors de l’assemblée générale du groupe.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
Contenu de nos partenaires
-
Souffler sur les braisesViolences à Belfast : pourquoi les émeutes éclatent si vite au Royaume-Uni
De violentes manifestations anti-immigrés ont éclaté mardi soir dans la capitale de l'Irlande du Nord, après une attaque au couteau attribuée à un ressortissant soudanais -
Voix basseAffaire Lyhanna : pourquoi le RN choisit la retenue
D'ordinaire prompt à s'emparer des faits divers pour imposer ses thèmes de prédilection, le RN réagit avec davantage de retenue à l'affaire Lyhanna. Et mise moins sur la surenchère que sur la dénonciation d'une faillite globale de l'Etat -
« Une célébrité surcotée » : Anthropic publie une version sécurisée de Mythos, son IA surpuissante
Anthropic dévoile une version bridée de son IA ultra puissante. Une annonce retentissante qui sert une stratégie de communication bien huilée : l’accès au public est en fait bordé par des tarifs dissuasifs et des garde-fous stricts