Gascogne tarde à restructurer sa dette de 100 millions d’euros

Le papetier landais a approuvé hier une division par trois du nominal de son action pour faciliter une éventuelle augmentation de capital
Alexandre Garabedian

Gascogne pourrait faire grossir les provisions pour risques des banques françaises dans les prochains mois. La suspension de la cotation du fabricant landais de bois et de papier, mardi, traduit l’aggravation de ses difficultés de financement. Des problèmes chroniques qui ont déjà conduit ses trois principaux créanciers – BNP Paribas, le Crédit Agricole et la Société Générale – à prendre 15% environ du capital.

A fin 2011, le groupe affichait une dette nette de 100 millions d’euros, contre 89 millions un an auparavant. Il a cassé à cette date les clauses financières de ses emprunts (covenants). Les banques ont accepté de surseoir au remboursement anticipé des emprunts, reporté une échéance payable à fin mars, et mis à disposition un prêt relais de 11,6 millions avec des clauses de remboursement à échéance juillet 2012. Mais la dégradation de la trésorerie de Gascogne au premier semestre complique la restructuration à moyen terme de la dette.

La société a perdu 32,6 millions l’an dernier pour un chiffre d’affaires de 493 millions, dont 23 millions imputables à des dépréciations de survaleur. La publication de ses semestriels, prévue le 24 juillet, pourrait être reportée.

La voie du désendettement devrait passer par de nouvelles cessions d’actifs, une stratégie contestée par certains actionnaires au motif que le groupe se prive ainsi de sa croissance future. Gascogne a déjà annoncé son intention de vendre sa division de produits complexes (laminates), soit un gros tiers de ses revenus. Un projet concrétisé en partie le 1er juin avec la cession de son site de production en Suisse, qui réalisait 44 millions d’euros de chiffre d’affaires.

La société a aussi annoncé hier une division par trois du nominal de son action, à 5 euros. Elle entend ainsi faciliter une éventuelle augmentation de capital, alors que la valeur du titre a été divisée par quatre en un an pour tomber à 11,87 euros.

L’actionnariat du fabricant de bois ne facilite pas la résolution du problème. Outre les banques créancières, le principal actionnaire est Electricité et Eaux de Madagascar (EEM), lui-même en conflit avec Guy Wyser-Pratte. A la dernière assemblée générale de Gascogne, le financier franco-américain a brigué sans succès un poste d’administrateur pour sa société, tandis qu’un ancien dirigeant du papetier a tenté en vain de renverser l’actuelle direction.

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