Gameloft est contraint à l’ambition pour échapper à Vivendi
Qu’il se vérifie ou non, le principe est connu : la meilleure défense d’une société cotée, c’est son cours de Bourse. Alors que s’est ouverte lundi l’offre publique d’achat (OPA) hostile lancée par Vivendi à 7,20 euros par action, Gameloft a présenté hier d’ambitieux objectifs afin de convaincre ses actionnaires de ne pas apporter leurs titres au groupe de médias piloté par Vincent Bolloré.
Le spécialiste des jeux vidéo sur smartphone et tablettes, dont la famille fondatrice Guillemot est montée à 29,2% des droits de vote pour contrer l’OPA, vise un chiffre d’affaires supérieur à 350 millions d’euros en 2018, ce qui représente une augmentation d’au moins 37% par rapport aux 256 millions de 2015.
Cette croissance sera rentable et autofinancée, affirme l’éditeur : il prévoit un résultat opérationnel courant supérieur à 65 millions d’euros en 2018, contre 2,1 millions en 2015, année marquée par le coût de sa restructuration (qui s’est traduite par 850 suppressions de postes et une perte nette de 24,2 millions d’euros). L’objectif de résultat correspond à une marge comprise entre 18% et 20%, contre 12% en 2013. La comparaison avec 2014 et 2015 est peu significative : 2014 a été une année de perte courante et la marge courante 2015 ressort à 0,8%, restructuration oblige.
Cette croissance ambitieuse doit essentiellement provenir de la montée en puissance des revenus publicitaires, générés par la régie numérique propre que Gameloft a mise en place à partir de 2014. Ceux-ci devront représenter environ 30% du chiffre d’affaires de Gameloft, contre seulement 2% en 2015.
En outre, le retour aux profits proviendra également de la fermeture de dix studios de développement devenus non rentables qui, selon Gameloft, devrait générer des économies brutes d’environ 35 millions d’euros en année pleine. Le nombre de sorties de nouveaux jeux sera réduit à 8-10 par an, contre 15-20 en 2014. Enfin, la société prévoit de générer un flux de trésorerie disponible supérieur à 85 millions d’euros entre 2016 et 2018.
Les dirigeants n’ont en revanche pas détaillé leurs arguments juridiques dans leur procédure auprès de l’Autorité des marchés financiers contestant la conformité de l’OPA de Vivendi. « Un groupe qui ne fait pas de jeux vidéo faisant un rachat hostile d’un groupe de jeux vidéo cela n’a jamais marché nulle part », a simplement expliqué Michel Guillemot, le PDG de Gameloft, qui estime que la société perdrait toute agilité.
Plus d'articles du même thème
-
Martine Legendre (Allianz France) : « En non-coté, on n'achète pas un produit mais une équipe»
Martine Legendre a passé dix-neuf ans à la tête des investissements alternatifs d'Allianz France, construisant un portefeuille qui pèse aujourd'hui près de huit milliards d'euros. À l'heure de passer la main, elle revient sur une carrière marquée par l'émergence successive de classes d'actifs qui n'existaient pas encore à son arrivée, les erreurs qui instruisent, et les constantes qui résistent à tout. -
Le marché fait le tri parmi les sprinters de l'IA
Trois ans et demi après le lancement de ChatGPT, les investisseurs ne sont plus à l'heure de parier sur une révolution industrielle suscitée par l’intelligence artificielle. Ils discriminent désormais les Microsoft, Amazon, Apple et consorts sur leurs capacités à en monétiser l'essor au plus vite. -
Ontario Teachers' crée un poste dédié à l'intégration de l'IA dans les placements
Le fonds de pension des enseignants de l'Ontario nomme Feifei Wu à la tête d'une fonction nouvellement créée, à l'interface entre la technologie et les équipes d'investissement.
ETF à la Une
BlackRock émet un nouvel ETF actif dédié à la dette des marchés émergents
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
Contenu de nos partenaires
-
Castelbajac, l’art en liberté
À Toulouse, une rétrospective majeure consacre Jean-Charles de Castelbajac. Plus qu’un créateur de mode, une figure totale qui a toujours refusé les frontières — et qui trouve aujourd’hui dans le musée un terrain à sa mesure. -
Marrakech, côté cour
Sous l’impulsion d’un couple de passionnés franco-libanais, le Palais Beit al Noor fait rimer art de vivre marocain et hospitalité libanaise à Marrakech. -
RentableLe gaspillage, nouvel axe de la lutte mondiale contre le méthane
La France et l’Agence internationale de l’énergie mettent l’accent sur le manque à gagner des fuites de méthane issues des infrastructures pétrolières et gazières