Fiat Chrysler joue l’agitateur du secteur automobile
Selon le patron du constructeur italo-américain, seule la concentration permettra d’amortir les charges de R&D et les besoins en capitaux.
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Olivier Pinaud
Certains y ont vu un aveu de faiblesse, d’autres un appel du pied. Mais tous les analystes sont unanimes pour reconnaître la qualité du raisonnement. Fin avril, lors de la présentation des résultats trimestriels de Fiat Chrysler Automobiles (FCA), Sergio Marchionne, l’administrateur du constructeur, a lancé un vibrant plaidoyer pour la consolidation du secteur économique mondial, discours qu’il a tenu une nouvelle fois la semaine dernière, en prédisant une fusion d’envergue d’ici à 2018. Soit un an avant son départ de FCA.
Selon le dirigeant du constructeur italo-américain, devenu numéro sept mondial par le jeu d’une fusion, seule une augmentation des volumes vendus permettra à l’avenir d’amortir correctement les dépenses de R&D et les besoins en capitaux qui attendent l’industrie automobile, notamment avec le développement des nouveaux véhicules connectés et face aux exigences en matière d’émissions de gaz à effet de serre. La concentration serait selon lui la seule façon de couvrir le coût du capital durant les bas de cycle. Lors du dernier exercice, Toyota, le numéro un mondial, a par exemple consacré plus de 7 milliards d’euros rien qu'à la R&D, deux fois plus que Fiat, dont les ventes sont quasiment inférieures de moitié à celle du Japonais.
Sergio Marchionne a déjà fait ses calculs. Un rapprochement entre FCA et un autre constructeur automobile générerait des synergies comprises entre 2,5 et 4,5 milliards d’euros par an. Environ 70% de ces économies proviendraient des coûts de développement des nouveaux programmes dont 40% à 50% sont aujourd’hui invisibles pour l’utilisateur final, estime Sergio Marchionne. Cette marge de manœuvre pourrait être réorientée vers d’autres projets et vers les actionnaires, ce qui réduirait le risque en capital de l’industrie.
Depuis plusieurs mois, Sergio Marchionne plaide donc la cause de la consolidation de l’industrie auprès de ses alter ego. John Elkann, qui représente la famille Agnelli, actionnaire de contrôle de FCA via la holding Exor, a d’ailleurs publiquement soutenu la semaine dernière la démarche de Sergio Marchionne. La holding familiale pourrait envisager une dilution de sa participation si une opération rationnelle venait à se présenter.
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