Fiat Chrysler joue l’agitateur du secteur automobile
Certains y ont vu un aveu de faiblesse, d’autres un appel du pied. Mais tous les analystes sont unanimes pour reconnaître la qualité du raisonnement. Fin avril, lors de la présentation des résultats trimestriels de Fiat Chrysler Automobiles (FCA), Sergio Marchionne, l’administrateur du constructeur, a lancé un vibrant plaidoyer pour la consolidation du secteur économique mondial, discours qu’il a tenu une nouvelle fois la semaine dernière, en prédisant une fusion d’envergue d’ici à 2018. Soit un an avant son départ de FCA.
Selon le dirigeant du constructeur italo-américain, devenu numéro sept mondial par le jeu d’une fusion, seule une augmentation des volumes vendus permettra à l’avenir d’amortir correctement les dépenses de R&D et les besoins en capitaux qui attendent l’industrie automobile, notamment avec le développement des nouveaux véhicules connectés et face aux exigences en matière d’émissions de gaz à effet de serre. La concentration serait selon lui la seule façon de couvrir le coût du capital durant les bas de cycle. Lors du dernier exercice, Toyota, le numéro un mondial, a par exemple consacré plus de 7 milliards d’euros rien qu'à la R&D, deux fois plus que Fiat, dont les ventes sont quasiment inférieures de moitié à celle du Japonais.
Sergio Marchionne a déjà fait ses calculs. Un rapprochement entre FCA et un autre constructeur automobile générerait des synergies comprises entre 2,5 et 4,5 milliards d’euros par an. Environ 70% de ces économies proviendraient des coûts de développement des nouveaux programmes dont 40% à 50% sont aujourd’hui invisibles pour l’utilisateur final, estime Sergio Marchionne. Cette marge de manœuvre pourrait être réorientée vers d’autres projets et vers les actionnaires, ce qui réduirait le risque en capital de l’industrie.
Depuis plusieurs mois, Sergio Marchionne plaide donc la cause de la consolidation de l’industrie auprès de ses alter ego. John Elkann, qui représente la famille Agnelli, actionnaire de contrôle de FCA via la holding Exor, a d’ailleurs publiquement soutenu la semaine dernière la démarche de Sergio Marchionne. La holding familiale pourrait envisager une dilution de sa participation si une opération rationnelle venait à se présenter.
{"title":"","image":"93083»,"legend":"Indicateurs du secteur automobile. Illustration L’Agefi.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATSouveraineté numérique : un modèle européen à construire
Données, intelligence artificielle, infrastructures, cloud : la souveraineté numérique s’impose désormais comme un enjeu stratégique pour l’Europe, à la croisée des questions technologiques, économiques et politiques. -
Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
Cette fois, ce n’est pas une mutuelle santé mais la mutuelle épargne retraite Garance qui est à son tour frappée par une crise de gouvernance. L’affaire portée devant le tribunal judiciaire pourrait également conduire l’ACPR à intervenir pour ramener un peu de clarté dans les principes de gouvernance mutualistes. -
Motion Equity Partners s'empare du producteur d'oméga-3 Polaris
Motion Equity Partners acquiert la majorité du capital du producteur breton d'huiles d'oméga-3 dans le cadre d'un deuxième LBO, tandis que Seventure, premier sponsor historique, renouvelle son soutien.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
SpaceX s'envole à Wall Street : Elon Musk lance la plus grande entrée en Bourse de l'histoire
Porté par une demande record, Elon Musk a orchestré depuis le Texas la plus colossale IPO de l’histoire. SpaceX est en passe de devenir un titan boursier malgré des pertes abyssales et une dette colossale -
Tribune libreUne Europe souveraine doit considérer l’IA comme une infrastructure
La souveraineté ne signifie pas l’autarcie qui nous priverait du progrès. Elle signifie la capacité à choisir ses dépendances, à sécuriser ses partenariats, à maîtriser localement certaines capacités critiques et à ne pas abandonner à d’autres les fondations techniques de sa vie collective -
A Evian, Macron lance son dernier tour de piste sur la scène internationale
Ukraine, détroit d'Ormuz, Moyen-Orient... Les crises internationales s'imposent au sommet du G7 qui démarre lundi à Evian