Euronext tente de se faire une petite place sur le marché des EuroPP
L’essor des EuroPP, les placements privés de dette, crée de nouvelles vocations. Euronext a profité des Premières rencontres EuroPP organisées vendredi par les organismes de place à l’origine de l’éclosion de ce produit de financement pour les PME-ETI (Banque de France, Trésor, AFTE, CCI de Paris…) pour annoncer le lancement d’une solution spécifique de cotation. Baptisé Euronext Private Placement Bonds (EPPB), ce nouveau produit s’appuie sur Alternext. «Ce dispositif offre à l’écosystème une souplesse supplémentaire», estime Marc Lefèvre, directeur du développement commercial et relations émetteurs d’Euronext.
Egalement ouvert aux obligations high-yield, EPPB bénéficiera du statut de MTF (multilateral trading facility) d’Alternext : pas besoin de rédiger de prospectus, pas d’obligation de publier ses comptes ou d’adopter les normes IFRS et pas de listing sponsor. Euronext, qui enrageait de voir des émetteurs aller vers Luxembourg, promet une cotation rapide et bon marché : environ 3.000 euros pour un EuroPP de 10 à 15 millions d’euros.
Ce produit risque néanmoins d’avoir du mal à percer. Les EuroPP sont de moins en moins cotés en Bourse. Avant la réforme du code des assurances en 2013, la cotation permettait aux assureurs de souscrire dans de meilleurs conditions à cette dette privée non notée. Aujourd’hui, cette contrainte est levée. Lors des rencontres EuroPP, Sébastien Barbe, directeur général de Schelcher Prince Gestion, et Laurent Degionni, directeur des investissements de Malakoff Médéric, ont reconnu que les contraintes réglementaires n’imposaient plus de cotation. «La cotation offre plus de sécurité. Même si la loi ne l’impose plus, certaines sociétés d’assurance sont rassurées d’investir dans un instrument coté», est persuadé Marc Lefèvre.
Par ailleurs, la cotation paraît antinomique avec le principe d’un EuroPP, illiquide. Les investisseurs visent une conservation des titres jusqu’à leur maturité, notamment pour couvrir leurs passifs. Ils ont d’ailleurs insisté lors des journées EuroPP sur leur caractère «buy and hold» et sur leur réticence face aux clauses de remboursement anticipé des obligations qui peuvent exister dans la documentation. Enfin, même les émetteurs ne semblent plus motivés à l’idée de coter leur EuroPP. Catherine Vignand, la directrice de la trésorerie d’Ubisoft, a reconnu que son groupe s’en passerait certainement s’il devait émettre de nouveau un EuroPP.
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