Eurofins renforce son financement en dette hybride
Tout juste trois mois après avoir rouvert le marché européen des émissions non notées en levant 500 millions d’euros à sept ans, Eurofins Scientific vient de nouveau de se financer sur le marché en émettant pour 300 millions d’euros d’obligations hybrides. L’opération, dirigée par BNP Paribas, HSBC et SG CIB, a été sursouscrite 2,5 fois.
Cette nouvelle émission porte à 600 millions d’euros la dette hybride d’Eurofins. Le groupe avait déjà émis 150 millions d’euros de titres super subordonnés à durée indéterminée en janvier 2013, avec option de rachat en janvier 2020, puis complété cette ligne par une émission de 150 millions en juillet 2014.
Les hybrides de 2013 produisent un coupon fixe annuel de 7%, et la ligne de 2014 offre un rendement de 5%, faisant tomber le coût moyen à 6%. Profitant des conditions de marché exceptionnelles, le leader mondial de la bioanalyse réduit encore le coût de sa dette. Avec l’opération d’hier, remboursable au pair en avril 2023 (huit ans) et portant un intérêt annuel fixe de 4,875%, le coût moyen de la dette hybride d’Eurofins recule à 5,4%.
Ce financement étant comptabilisé à 100% en fonds propres selon les normes IFRS, le groupe va également améliorer ses ratios d’endettement. Fin 2014, Eurofins affichait un ratio dette nette sur Ebitda de 1,9 fois, bien en dessous de son covenant à 3,5 fois.
«Bien que nous ayons décidé de profiter des taux d’intérêt actuels favorables, nous voulons maintenir une structure bilancielle solide et une approche disciplinée en matière d’acquisitions», assure Gilles Martin, PDG d’Eurofins Scientific. Rien qu’en 2014, la société européenne a acquis dix-sept sociétés, dont la plus importante de son histoire, ViraCor, spécialiste américain des tests moléculaires, pour 255 millions de dollars.
Le groupe de bioanalyse vise 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, contre 1,41 milliard (+15%, dont +6% en organique) dégagé en 2014, et plus de 1,6 milliard attendu cette année. Sa marge d’Ebitda ajustée devrait ainsi passer de 18,5% en 2014 à 18,75% cette année, avant d’atteindre l’objectif de 20% en 2017.
Ce profil de croissance et sa solidité financière permettent au groupe d’afficher un parcours boursier exemplaire, en hausse de près de 24% depuis le début de l’année et de plus de 200% sur trois ans.
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