Euro Disney compte sur sa maison mère pour restaurer son bilan
Touché de plein fouet par la conjoncture dégradée du Vieux Continent, Euro Disney devait à tout prix alléger sa dette pour continuer à investir dans son parc de loisirs francilien. Il a donc lancé hier un projet de recapitalisation massive d’un milliard d’euros garanti par sa maison mère Walt Disney, qui détient 39,8% du capital. Ceci se traduira par un apport en numéraire de 420 millions d’euros via une augmentation de capital et par une conversion de dette en capital de 600 millions.
Les actionnaires pourront participer à l’augmentation de capital avec maintien du DPS, prévoyant un prix de souscription d’un euro par action, soit une décote de 20% sur le cours théorique de l’action ex-droit à la clôture du 3 octobre. Ils pourront aussi prendre part à la conversion de dette au prix unitaire de 1,25 euro. Le prince saoudien Al-Walid, deuxième actionnaire avec 10% du capital, n’a pas encore fait savoir s’il participerait à l’opération. Le montage prévu pourrait entraîner une offre publique obligatoire débouchant sur un retrait de la cote, sachant que la valeur boursière du groupe s’élevait à 122 millions d’euros hier après un recul de 9,5% du titre.
Depuis son dernier refinancement en septembre 2012, la dette du groupe est intégralement contractée auprès de sa maison mère. Sa recapitalisation, normalement bouclée au premier semestre 2015, améliorera de 250 millions sa trésorerie, sa dette brute passant sous la barre du milliard d’euros (1,75 milliard actuellement). Avec les économies sur les intérêts, «le groupe dégagera une liquidité supplémentaire de 800 millions d’euros en dix ans», commente le directeur financier Mark Stead. Les facilités existantes seront remplacées par un crédit renouvelable unique de 350 millions d’euros, venant à échéance le 15 décembre 2023, avec un taux annuel fixé à Euribor +2%.
Mais il n’est pas sûr que ce renflouement suffise à remettre Euro Disney sur de bons rails. Malgré l’inauguration en juillet de sa nouvelle attraction «Ratatouille», qui a coûté 200 millions d’euros, son chiffre d’affaires a baissé «de 1% à 3%» à environ 1,3 milliard sur l’exercice clos le 30 septembre, montrent ses résultats provisoires. Sa perte nette, comprise entre 110 et 120 millions, a augmenté d’environ 50%. Le parc européen «n’a jamais trouvé son modèle économique», jugent les analystes de Portzamparc, en précisant que son dernier exercice bénéficiaire date de 2001 et que «le cash flow libre est en territoire négatif depuis deux ans».
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