Euler Hermes veut limiter l’impact grandissant de la fraude subie par les PME et les ETI
La forte augmentation des cas de fraude auxquels sont confrontées depuis quelques années les entreprises françaises a incité Euler Hermes France à proposer une nouvelle assurance destinée à couvrir ce risque. Nommé «EH Fraud Cover», ce produit commercialisé depuis plus de trente ans en Allemagne «vise principalement les PME et les ETI qui réalisent au moins 5 millions d’euros de chiffre d’affaires», commente pour L’Agefi Nicolas Delzant, président du comité exécutif d’Euler Hermes France, en ajoutant que «le plafond de garantie de cette police s’élève à 10 millions d’euros».
Cette couverture concerne en premier lieu la fraude interne, commise par un salarié, qui peut prendre la forme d’un abus de confiance, d’un détournement de fonds ou de marchandise. Elle s’applique ensuite à la fraude externe, commise par un tiers, qui englobe les escroqueries et l’usurpation d’identité. Elle s’étend enfin à la cyberfraude, en permettant de protéger les actifs de l’entreprise suite au piratage de son système informatique ou de sa ligne téléphonique, intrusion parfois accompagnée d’une destruction de données.
Les frais découlant des poursuites judiciaires, ainsi que les dépenses de communication potentiellement encourues par l’entreprise pour restaurer son image, sont également pris en charge par l’assureur-crédit à hauteur de 10% de la garantie choisie par le client. «L’ensemble des coûts induits par ces fraudes, très importants par rapport à la taille de ces entreprises, peut parfois compromettre leur rentabilité», relève Nicolas Delzant.
Dans l’Hexagone, la cybercriminalité (28% des cas déclarés) arrive désormais au deuxième rang derrière le détournement d’actifs (61%), mais devant la fraude comptable (22%) ou la fraude aux achats (21%), selon une étude du cabinet PwC publiée l’an dernier sur le sujet. Une particularité du marché français est la forte progression de la «fraude au président» qui concerne près de 10% des cas déclarés.
Dans ce cas de figure, un escroc minutieusement renseigné, qui se fait passer pour le dirigeant d’une société, téléphone à un collaborateur habilité à effectuer des paiements pour lui demander d’effectuer en urgence un virement à l’étranger, afin de réaliser par exemple une acquisition présentée comme confidentielle. Selon l’Office central pour la répression de la grande délinquance, environ 700 faits ou tentatives de ce type ont été recensés au cours des cinq dernières années.
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