Eramet regarde vers les émergents pour garder confiance

En dépit du ralentissement actuel, le groupe minier veut croire à un important potentiel de développement, notamment dans les marchés émergents
Benoît Menou
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Eramet veut garder espoir en dépit de la publication hier de résultats semestriels en net déclin. Sur fond de poursuite du ralentissement économique mondial, «même en Chine», comme a tenu à le souligner le groupe minier, le chiffre d’affaires semestriel a accusé une baisse de 10% à 1,735 milliard d’euros. Si les ventes à destination de l’Amérique du Nord ont cédé 3% (à 20% des facturations totales) et celles vers l’Europe 5% (48% du total), celles à destination de l’Asie ont chuté de 24%, contribuant au chiffre d’affaires du groupe à hauteur de 28%, 5 points de moins que l’an passé.

La production métallurgique d’Eramet Nickel a pourtant enregistré une hausse de 7% sur le semestre, à 27.684 tonnes, ne parvenant pas à compenser la chute des cours, de 28% sur la période, sur le marché à terme londonien (le LME), selon le groupe. A un niveau de prix auquel «de nombreux producteurs de nickel en Chine, mais aussi en dehors de Chine, ne sont pas rentables». Le chiffre d’affaires d’Eramet Nickel cède ainsi 15% à 460 millions, celui de l’activité manganèse chutant de 18% à 753 millions.

Le climat économique maussade n’y suffisant pas, les résultats ont également pâti d’incidents techniques exceptionnels, essentiellement au Gabon, dont l’impact sur le résultat opérationnel courant est voisin de 40 millions d’euros. De quoi soutenir une dégringolade de 78% du résultat opérationnel courant à 81 millions d’euros et de 84% du résultat net (part du groupe) à 21 millions.

Si Eramet souligne que les cours du nickel «restent particulièrement bas» à l’entame du semestre en cours, le groupe veut croire sur cette période à une hausse de la production de minerai de manganèse et à des «améliorations opérationnelles» dans la division alliages. Mieux, le groupe minier assure que la demande pour ses produits conserve à terme «un important potentiel de développement notamment dans les pays émergents». Un discours qui n’a pas tout à fait convaincu le marché, le titre abandonnant hier 1,42% à 86,87 euros.

Dans le contexte actuel de «crise mondiale», et «sans remettre en cause son projet stratégique», Eramet a tout de même fait vœu d’une «sélectivité renforcée en matière d’investissements au cours des prochaines années». Les investissements industriels avaient bondi de 49% au premier semestre à 265 millions.

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