EDF risque de devoir payer son dividende 2012 en actions

Le groupe annoncera le 14 février de nouvelles mesures de réduction des coûts. Un dividende en actions lui ferait économiser 1,8 milliard d’euros
Olivier Pinaud
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En cette période de vœux, Gérard Mestrallet, le PDG de GDF Suez, s’est voulu prudent vendredi sur les perspectives du marché de l’énergie en Europe pour 2013. Selon lui, la tendance à la baisse depuis 2007 de la consommation d’énergie sur le Vieux Continent s’annonce durable. Les raisons sont connues: la crise économique, la montée en puissance des outils d’efficacité énergétique et la connexion aux réseaux de centrales fonctionnant aux énergies renouvelables. Dans ce contexte, les électriciens européens n’ont pas beaucoup d’autre choix que d’adapter leur base de coûts.

Neuf des quatorze plus grands groupes d’énergies européens, dont GDF Suez, ont ainsi annoncé des plans d’économies au cours des dix derniers mois, pour un montant cumulé d’économies annuelles de 6,2 milliards d’euros, soit environ 8% de l’excédent brut d’exploitation du secteur, selon Morgan Stanley. Leur mise en œuvre permettra de limiter le repli du bénéfice du secteur à 0,6% par an entre 2012 et 2014. Sans eux, il aurait diminué de 5,2% par an.

EDF, dont le résultat brut opérationnel devrait stagner en 2013, n’échappera pas à cette austérité. «Compte tenu de l’environnement économique, nous avons prévu de faire des efforts de réduction des coûts », avait reconnu fin décembre Thomas Piquemal, le directeur financier du groupe. Les mesures seront dévoilées le 14 février, lors de l’annonce des résultats 2012. Elles compléteront le programme initié en 2011 de 2,5 milliards d'économies prévues d’ici à 2011, et dont 40 % ont été réalisés à fin juin 2012.

Depuis la fin de 2012, EDF a déjà levé le pied sur 6,8 milliards d’euros d’investissement en Europe. Mais selon Credit Suisse, ces efforts ne suffiront pas et le groupe ne pourra pas couvrir les besoins de trésorerie créés par le déficit du système de la Contribution au service public de l’électricité et par le dividende. Or, compte tenu du niveau de dette déjà proche de l’objectif de 2,5 fois l’Ebitda, il est impensable que le groupe s’endette pour payer son dividende. La solution possible consiste donc à verser celui-ci sous forme d’actions, ce qui permettrait d’économiser 1,8 milliard d’euros.

Reste à convaincre l’Etat, premier actionnaire avec 84% du capital. L’an dernier, celui-ci avait consenti à percevoir le dividende de GDF Suez sous forme d’actions.

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