Derichebourg sacrifie ses perspectives pour alléger le fardeau de sa dette

Le groupe vend ses services aéroportuaires, son activité la plus rentable, à Swissport, propriété de PAI, pour 400 à 450 millions d’euros
Alexandre Garabedian

Derichebourg est en passe de régler son problème de dette. Le groupe de recyclage est entré hier en négociations exclusives avec Swissport, propriété depuis 2010 du fonds PAI, en vue de lui céder 100% de son activité de services aéroportuaires, Servisair. La nouvelle a fait bondir de 22,75% le cours du groupe, à 2,97 euros, signe du soulagement des investisseurs alors que les derniers résultats semestriels à fin mars militaient pour une restructuration financière rapide.

Au terme d’un processus d’enchères mené par Lazard et la Société Générale, ainsi que le cabinet Hoche, PAI Partners a remporté le morceau face à deux autres industriels du secteur. Le fonds a pu faire valoir les synergies entre Swissport, numéro un mondial du secteur, et Servisair, qui pointe au quatrième rang avec environ 700 millions d’euros de chiffre d’affaires. Epaulé par BNP Paribas, Sycomore Corporate Finance et Willkie Farr, PAI aurait mis sur la table entre 400 et 450 millions d’euros, selon de bonnes sources, loin du montant fantaisiste de 600 millions qui circulait sur le marché hier. Ce qui valorise la cible aux alentours de 6 fois son Ebitda.

Cette vente censée aboutir d’ici à la fin de l’année constitue une bouffée d’oxygène pour Derichebourg. Lourdement endetté depuis le rachat de Penauille Polyservices, le groupe avait déjà envisagé de céder 50% du capital de ses services aéroportuaires en 2009, au plus fort de la crise. Le redressement de l’activité avait remisé le projet dans les cartons.

Mais la situation devenait à nouveau difficilement tenable. Fin mars, Derichebourg affichait une dette nette de 649 millions et avait cassé pour la deuxième fois en un an le ratio de levier maximal (dette nette sur Ebitda) fixé dans sa documentation de prêts bancaire. Servisair porte à lui seul environ 300 à 350 millions d’euros de dette, pour l’essentiel intragroupe. Le groupe se devait d’agir dans la perspective de la prochaine échéance de remboursement de son crédit syndiqué de 700 millions, fixée à décembre 2013 pour 110 millions d’euros.

La médaille a toutefois son revers. Pour desserrer la contrainte financière, Derichebourg se prive de son activité la plus rentable. Servisair dégageait à fin mars une marge d’exploitation courante de 7,3%, bien supérieure à celles de 2,3% du pôle multiservices (propreté, intérim, etc.) et de 1,1% du pôle recyclage/environnement.

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