Dassault Aviation s’ouvre de nouvelles perspectives avec le Rafale
Dassault Aviation n’avait pas réussi à exporter le Rafale depuis sa mise en service il y a 22 ans. Le fabricant d’avions vient de remporter deux contrats à l’étranger coup sur coup. Après l’Egypte mi-février, pour 24 appareils, l’Inde a signé samedi un contrat d’achat de 36 Rafale «prêts à voler». Les avions seront fabriqués en France, ce qui permettra de revitaliser les lignes de production des différents sites de Dassault Aviation, dont l’activité tournait au ralenti du fait de la réduction des commandes de l’armée française. Seuls 11 Rafale sortaient chaque année de la ligne d’assemblage final de Mérignac en Gironde, un minimum selon l’industriel. Les avions sont motorisés par Safran et portent des équipements fabriqués par Thales.
Le montant du contrat est estimé à environ 4 milliards d’euros. Ses termes et conditions définitives doivent encore être fixés. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, se rendra rapidement en Inde à cet effet, a indiqué le président français.
Cet accord n’est pas lié aux négociations exclusives entamées il y a trois ans entre la France et l’Inde pour la livraison de 126 Rafale à New Delhi, dont 108 devraient être fabriqués localement par Hindustan Aeronautics Limited. Les questions de transfert de technologies mais également du surcoût d’un assemblage en Inde en raison d’un maillage de sous-traitants moins riches qu’en France compliquent ces discussions.
Ce contrat est une bouffée d’air pour les finances publiques françaises. «Avec les 24 Rafale vendus à l’Egypte, l’hypothèse d’exportation de la programmation militaire 2014-2019 est réglée», se félicite le ministre de la Défense. La loi de Programmation militaire tablait en effet sur deux contrats export du Rafale d’ici 2017 pour pérenniser la chaîne industrielle de l’avion de chasse au-delà de 2018, date de la fin de la livraison à l’armée française des 180 appareils commandés.
Enfin, maintenant que la France sait vendre ses Rafale, de nouveaux contrats pourraient aboutir prochainement. Les discussions avec le Qatar, pour 24 commandes fermes et 12 options, sont à un stade avancé. Les Emirats arabes unis s’intéressent à une commande qui pourrait aller jusqu'à 60 avions. La Malaisie, le Koweït, l’Indonésie et la Belgique réfléchissent aussi à moderniser leur flotte.
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