Danone conserve sa nutrition médicale et met l’accent sur l’Afrique
Emmanuel Faber, directeur général de Danone depuis début octobre, sort de son silence pour dévoiler quelques axes de sa stratégie: l’Afrique, les produits laitiers frais et la nutrition médicale. Alors que depuis près d’un an bruissent des rumeurs de vente de la nutrition médicale, Danone redit «avec force» que chacun de ses quatre métiers – Produits laitiers frais, Eaux, Nutrition infantile et Nutrition médicale – a un «rôle dans la stratégie de croissance rentable et durable» du groupe.
Danone devrait alors favoriser la croissance interne et externe de la nutrition médicale, qui ne pesait l’an dernier que 6,3% des ventes, mais avec une marge opérationnelle de 18,2%, cinq points au-dessus de celle du groupe.
Signe de l’importance des marchés émergents pour la croissance du groupe, Danone crée un nouveau pôle Afrique, multi-métiers, confié à Pierre-André Térisse, qui laissera les rênes de la direction financière dès le 20 février prochain à Cécile Cabanis, actuelle directrice financière des Produits laitiers frais (55% du chiffre d’affaires du groupe). En outre, Gustavo Valle, qui a restructuré avec succès l’Europe, va diriger les Produits laitiers frais en remplacement de Thomas Kunz, qui quitte le groupe.
Danone dit confirmer ses objectifs 2014 mais en réalité les abaisse, à savoir une croissance organique supérieure à 4,5%, au lieu d’une fourchette de 4,5% à 5,5%, (après +2,2% au premier semestre et +6,9% au troisième trimestre), une marge opérationnelle en recul de moins de 20 points de base en données comparables, contre + ou -20 points de base indiqué le 15 octobre, et un cash flow libre compris entre 1,3 et 1,4 milliard d’euros, au lieu «d’environ 1,5 milliard». Ainsi, «tout le stress créé par la question des objectifs 2014 et par le risque de M&A saute», note Natixis.
Toutefois, Danone a aussi indiqué que sa notation de crédit, actuellement de «A- » chez S&P et son équivalent «A3» chez Moody’s, pourrait reculer d’un cran en raison des importants investissements réalisés depuis deux ans, qui ont pesé sur l’endettement. «Nous estimions qu’à fin 2014 les ratios de crédit de Danone étaient déjà tendus par son niveau de notation (dette nette sur Ebitda ajusté à trois fois), précise l’analyse crédit de Natixis. Ainsi, une dégradation à ‘BBB+’ permettrait à Danone d’avoir toutes les marges de manœuvre financière afin de satisfaire ses ambitions de développement».
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