Cinven offre à Labco un nouvel élan après l'échec de l’IPO
Quinze jours seulement après avoir renoncé à son introduction en Bourse «en raison de conditions de marché devenues particulièrement volatiles sur l’ensemble des places financière», Labco a scellé un plan B. Le groupe paneuropéen de services de diagnostic médical s’offre au fonds de private equity Cinven dans le cadre d’une opération le valorisant à 1,2 milliard d’euros, dette incluse.
Ce montant représente un multiple d’un peu plus de 8 fois l’Ebitda sur une base pro forma, contre 9 à 10 fois dans le cadre du projet d’introduction en Bourse. Créée en 2003, la société a réalisé un chiffre d’affaires de 650 millions d’euros l’an dernier. Son résultat brut d’exploitation (Ebitda) a atteint 131 millions d’euros et sa marge d’Ebitda environ 20%, selon Reuters. L’information a été révélée mercredi soir par le Financial Times puis par Les Echos.
Cinven veut reprendre 90% du capital auprès d’actionnaires aux profils variés : des investisseurs financiers (3i, TCR Capital, NiXen Partners, CM-CIC Investissement, Vikings Limited), les fondateurs de la société (Eric Souêtre, Stéphane Chassaing et Luis Vieira), les managers, ainsi que des médecins biologistes et leurs familles qui ont réinvesti une partie du montant de l’acquisition de leur laboratoire en actions Labco.
«Pour mettre un terme à cet actionnariat éclaté, Cinven a mis au point un financement innovant qui permet de garantir que le prêt obligataire finançant actuellement Labco à hauteur de 50% soit maintenu même si certains actionnaires décident de faire jouer leur clause de changement de contrôle», écrivent Les Echos. JPMorgan remboursera ainsi ceux qui souhaitent sortir et conservera la part du prêt sur ses livres. Selon le quotidien, l’acquéreur se donne deux mois pour convaincre les actionnaires et obtenir les autorisations réglementaires.
Aux commandes, Cinven, qui compte déjà dans son portefeuille lié à la santé le groupe britannique de cliniques privées Spire, pourrait utiliser Labco comme une plate-forme lui permettant de racheter des concurrents sur un marché continental fragmenté. Dans l’Hexagone, les quatre premiers acteurs contrôlent 23% du marché en valeur.
Le fonds anglo-saxon connaît déjà le marché des analyses médicales puisqu’il a investi par le passé dans deux spécialistes : le suédois Phadia et le français Sebia.
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