Casino sauve ses résultats grâce à sa forte exposition à l’international

Les marchés émergents pèsent désormais 56% du résultat opérationnel courant et permettent de compenser le recul des performances de la France
Bruno de Roulhac

Porté par le dynamisme de l’international, Casino parvient à publier des résultats semestriels en ligne avec les attentes du marché, et salués par un rebond de 8,18% du titre à 67,46 euros. Pourtant, la croissance organique (hors essence) du chiffre d’affaires ralentit nettement passant de 6,6% au premier trimestre à 1,7% au deuxième. En tenant compte de l’effet calendaire, la croissance de la France reste stable à -0,5%, tandis que celle de l’international diminue de 11,2% au premier trimestre à 7,7% au deuxième.

Comme pour les autres distributeurs, la France reste le point noir. Casino enregistre une baisse de 5,1% des ventes d’hypers (à magasins comparables et hors essence) contre -5,7% pour Carrefour. En revanche, ses supermarchés (-2,4%) souffrent plus que ceux de Carrefour (-1,4%).

Dans ce contexte plus difficile, Casino parvient néanmoins à améliorer sa rentabilité sur le semestre, enregistrant une hausse de 11,6% (+5,3%) de son résultat opérationnel courant (ROC) à 638 millions d’euros, soit une marge de 3,68% contre 3,54% un an plus tôt.

Une performance d’autant plus remarquable que la rentabilité de la France continue à décroître à 2,78% (-20 points de base). Sur son marché domestique, Casino tire sa performance de Monoprix, qui avec une marge de 6,4% (+55 points de base) assure plus du quart de son ROC en France. L’enseigne compense la baisse de rentabilité de Casino France, qui se contente d’une marge réduite à 2%. Des chiffres qui justifient, si besoin était, le rachat des 50% de Monoprix détenus par Galeries Lafayette. Le 30 août Carrefour dévoilera ses performances semestrielles, mais il n’affichait qu’une marge de 1,8% pour la France au premier semestre 2011.

Heureusement, la marge dégagée par l’international ne cesse de croître à 4,65% (+38 points de base), dont 7,1% pour l’Asie et 4,2% pour l’Amérique latine. D’ailleurs, l’international pèse désormais 56% du ROC, contre 53% un an plus tôt.

Le groupe stéphanois aura besoin du dynamisme de ces marchés émergents pour tenir ses objectifs annuels confirmés hier: une croissance de plus de 10% du chiffre d’affaires (+7,5% au premier semestre), une stabilité de sa part de marché dans l’alimentaire en France, et une progression du ROC de Franprix-Leader Price (+15% sur le premier semestre).

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