Casino est déterminé à faire valoir ses droits sur un de ses actifs majeurs

Ses supermarchés brésiliens, convoités par Carrefour, pourraient représenter la moitié de la croissance bénéficiaire à venir du distributeur stéphanois
Bruno de Roulhac

Casino n’est pas près de lâcher sa filiale brésilienne CBD (GPA), au lendemain de l’annonce du projet de rapprochement entre CBD et Carrefour Brésil sous l’égide indirecte de l’Etat brésilien. Sûr de son bon droit, le distributeur stéphanois semble pour le moment se diriger vers une bataille juridique, voire judiciaire.

Si Jean-Charles Naouri, PDG de Casino a refusé de rencontrer mardi, Abilio Diniz, président du conseil de Pão de Açúcar (GPA), il réclame la réunion du conseil de Wilkes, holding de contrôle de GPA. Mais Diniz n’a pas encore répondu à cet appel… Ce conseil, composé de deux représentants de Casino et de deux de Diniz, ne peut prendre ses décisions stratégiques qu’à l’unanimité. Et une résolution ne peut être déposée en AG de GPA sans l’aval de Wilkes. Diniz ne peut donc passer en force sans violer son pacte d’actionnaires avec Casino. Or, un tel pacte a une force juridique plus importante qu’en France, confie un avocat. Par ailleurs, si Carrefour souligne un conflit d’intérêts de Casino entre son intérêt propre et celui de CBD, Casino peut encore plus s’interroger sur Abilio Diniz, qui s’oppose à Casino bien qu’il siège à son conseil du distributeur français !

L’enjeu est majeur pour Casino. D’une part, il est prévu qu’il prenne le contrôle de CBD en juin 2012 et pourra alors exercer ses options d’achat sur Diniz. D’autre part, il dégage 30% de son résultat opérationnel en Amérique du Sud. Pour Oddo, GPA doit même contribuer à près de 48% de la croissance bénéficiaire de Casino entre 2011 et 2013, son poids dans le résultat d’exploitation de Casino passant de 17% à 27%.

Aussi, avant de se retrouver devant les tribunaux brésiliens, les deux partenaires pourraient envisager des transactions, même si les analystes estiment, en général, que Casino est en mesure de faire respecter ses intérêts au Brésil. Notamment, le distributeur stéphanois pourrait envisager de rapprocher ses intérêts en Amérique du Sud dans une même entité.

En l’absence d’accord avec Diniz, Casino pourrait céder sa participation. En retenant une décote de minoritaire (-25% par rapport à la capitalisation actuelle de GPA), Oddo évalue la participation de Casino dans GPA à 1,7 milliard. En revanche, Exane évalue les 37% de CBD détenus par Casino au moins à 3,6 milliards d’euros, estimant que cette participation doit bénéficier d’une prime de contrôle d’au moins 20%, Casino devant en prendre le contrôle en 2012.

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