Carrefour soumis à forte pression sur son marché domestique

Le chiffre d’affaires du distributeur a progressé sur un an de 4,7 % hors essence au quatrième trimestre (+1,6 % à taux de change constant)
Antoine Duroyon

Comme anticipé par les analystes, la fin d’année n’a pas été de tout repos pour Carrefour en France. Outre une intensification de la concurrence, le groupe a été malmené par les mouvements de grèves et un climat défavorable. Ces deux facteurs ont entraîné un impact négatif de 48 millions d’euros sur les ventes du quatrième trimestre, a précisé Pierre Bouchut, directeur financier, lors d’une conférence téléphonique. Le chiffre d’affaires dans l’Hexagone a progressé de 0,1% sur un an en comparable (+0,4% en organique à taux de change constant).

Les hypermarchés, qui représentent plus de la moitié de l’activité française, ont été durement touchés. Les ventes à magasins comparables hors essence y ont reculé de 2,5% (hors effet calendaire de 0,2%), à 5,97 milliards d’euros. En revanche, le groupe a souligné la bonne performance des magasins de proximité convertis, Carrefour City et Carrefour Contact, qui représentent 409 magasins. Carrefour estime avoir gagné avec ses enseignes 50 points de base de parts de marché depuis le début de l’année.

Sur les autres marchés, l’Espagne a réservé des «signes encourageants» dans un environnement toujours difficile, tandis que la Belgique a signé la première croissance des ventes trimestrielles en comparable depuis six ans (+1,5%). L’ensemble de l’Europe de l’Ouest (hors France) a fait état d’un chiffre d’affaires en repli de 0,4% à magasins comparables, à 6,67 milliards d’euros. Sur les régions plus lointaines, la croissance chinoise a été freinée par de mauvaises performances en non alimentaire en novembre due à une vague de chaleur inhabituelle. Au Brésil, elle a été tirée par Atacadao, avec une progression à deux chiffres de ses ventes à magasins comparables (+11,9%). Dans le pays, le groupe a confirmé le chiffre de 550 millions d’euros de charges exceptionnelles liées à un audit sur les comptes. La direction a par ailleurs annoncé une charge supplémentaire de 54 millions d’euros résultant d’audits additionnels sur cinq marchés.

Alors qu’il a émis deux avertissements sur ses résultats l’an dernier, le groupe a confirmé l’estimation d’un résultat opérationnel avant élément non courant de 3,02 milliards d’euros. Le groupe indique avoir tenu ses engagements en matière de réductions de coûts, de gains aux achats, de Capex et du déploiement de son concept Planet (5 succès sur 6) mais il a en revanche échoué sur la réduction des stocks.

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