Carrefour confirme son redressement en France

Pour la première fois depuis trois ans, tous les formats sur son marché domestique affichent une croissance. La Chine conforte sa reprise
Bruno de Roulhac

Le redressement de Carrefour ne se dément pas. Le distributeur peut se targuer d’enregistrer une croissance des ventes dans tous ses formats, ce qu’il n’avait pas connu depuis trois ans ! Les hypermarchés en France (54% des ventes nationales, et 26% du chiffre d’affaires du groupe), l’indicateur phare de Carrefour, ont enregistré une croissance organique (hors essence et calendaire) de 2%, en accélération par rapport au 1,2% du deuxième trimestre et au -2,6% des trois premiers mois de l’année.

«Les ventes alimentaires poursuivent leur progression et les ventes non alimentaires résistent mieux», précise Carrefour, sans chiffrer ces améliorations. Sur la même période, les ventes de Géant Casino affichaient une décroissance organique de 4,5%. Dans les supermarchés, la croissance interne redevient positive, atteignant +1,3%, après -0,1% au deuxième trimestre et 0% au premier.

La politique mise en place par Noël Prioux, patron de la France, et accélérée par le PDG Georges Plassat porte désormais des fruits durables. Ce dernier a notamment mis l’accent sur la décentralisation et la responsabilisation des directeurs de magasins. «La recovery de Carrefour France est indéniable, même si quelques investissements prix seront peut-être souhaitables dans l’avenir», note CM-CIC. Maintenant, «le marché devrait commencer à relever ses estimations sur 2014», estime Natixis, tout en rehaussant son objectif de cours de 27 à 31 euros. Hier, l’action Carrefour a rebondi de 3,10% à 27,64 euros.

En Europe, la situation s’améliore progressivement, mais les ventes s’inscrivent toujours en recul : -2,7% de croissance organique, après -3,9% au deuxième trimestre et -3,5% au premier. L’Italie, surtout, et l’Espagne pèsent toujours, tandis que la Belgique a renoué avec la croissance en comparable.

Le moteur de l’Amérique latine ne se dément pas, avec une croissance organique (hors essence) de 11,7% (+10,7% au deuxième trimestre et +14%) au premier. Une performance qui ne se lira pas dans les résultats du groupe, en raison d’un effet change négatif de 20%. Quant à la Chine, qui avait beaucoup souffert, elle enregistre pour le deuxième trimestre consécutif une progression de ses ventes à magasins comparables.

Fort de son redressement progressif, Carrefour a jugé «raisonnable» le consensus de résultat opérationnel courant de 2,19 milliards d’euros pour 2013, sauf forte dégradation des changes.

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