Carlyle et PAI restent seuls en lice pour le rachat des capteurs de Schneider Electric

Avago, donné favori, s’est retiré de la course, compromettant la cession de CST. Les deux fonds proposent environ 915 millions de dollars
Alexandre Garabedian

La cession de la filiale de capteurs de Schneider Electric se complique. Le fabricant américain Avago Technologies a renoncé la semaine dernière à racheter Custom Sensors & Technologies (CST), ont indiqué à L’Agefi des sources proches du dossier, confirmant une information du site de Challenges. Début août, Avago était pourtant présenté comme l’interlocuteur exclusif de Schneider Electric pour la reprise de CST, un projet dans les tuyaux depuis plusieurs années.

Mais la société américaine, qui mettait environ un milliard de dollars (770 millions d’euros) sur la table, n’était pas intéressée par l’ensemble des activités de CST. Basé aux Etats-Unis, où il compte deux implantations, le fabricant de capteurs possède aussi un site de production en Grande-Bretagne, un au Maroc, un en Allemagne, un en Chine et trois en France. La perspective de restructurations à mener dans l’Hexagone dans le climat politique actuel l’aurait en partie découragée.

Dès lors, le consortium formé par Carlyle et PAI, qui semblait écarté début août, revient dans la course. L’offre des deux fonds d’investissement tournerait autour de 915 millions de dollars, selon une source proche du dossier, en incluant un généreux complément de prix. A 700 millions d’euros aux taux de change actuel, cette proposition est donc loin du montant d’un milliard d’euros qui avait été évoqué au début du processus de vente.

Au-delà de ces considérations pécuniaires, Schneider Electric pourrait ne pas donner suite au projet. Jean-Pascal Tricoire, le PDG du groupe, serait désormais plus réticent à l’idée d’une cession.

La vente de la filiale capteurs n’est pas jugée fondamentale pour Schneider Electric, même si elle lui permettrait de financer la reprise de son programme de croissance externe, annoncée début août. Au premier semestre, le groupe a dégagé un cash-flow opérationnel de 1,2 milliard d’euros, tandis que son ratio de dette nette sur Ebitda est passé de 1,4 fin 2011 à 1,5 fin juin. Le titre, lui, se valorise à environ 12 fois les bénéfices attendus, «des niveaux comparables à la moyenne historique du groupe mais sensiblement supérieurs à la valorisation du secteur», relevait hier CM CIC Securities.

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