Bruxelles envoie un nouveau signal négatif aux télécoms mobiles
Craignant une hausse des prix, la Commission a interdit hier le rachat du britannique O2 par le hongkongais Hutchison.
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Yves-Marc Le Réour
Margrethe Vestager, en charge de la Concurrence, lors de la conférence de presse hier à Bruxelles sur l'interdiction par la Commission du projet de rachat d’O2 par Hutchison.
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Crédit European Union.
Les échos défavorables entourant depuis plusieurs semaines le projet de rachat de l’opérateur mobile britannique O2 par le conglomérat asiatique Hutchison ont été confirmés hier. La Commission européenne a en effet décidé d’interdire ce rapprochement de 10,3 milliards de livres (13 milliards d’euros), au motif que l’opération aurait conduit à une hausse des prix outre-Manche, tout en réduisant la palette des offres répondant aux besoins des consommateurs.
«Le rachat aurait également entravé l’innovation et le développement de l’infrastructure de réseau au Royaume-Uni, ce qui est très préoccupant, en particulier sur des marchés qui évoluent rapidement. Les mesures correctives proposées par Hutchison n'étaient pas suffisantes pour éviter une telle situation», a souligné la commissaire européenne Margrethe Vestager. Le groupe hongkongais, contrôlé par l’homme d’affaires Li Ka-shing, avait tenté d’amadouer les autorités européennes en proposant de laisser les opérateurs mobiles virtuels Virgin Media et Tesco Mobile accéder au réseau du groupe issu de la fusion.
Hutchison s’est dit déçu par cette décision, ajoutant qu’il se réservait le droit de faire appel devant le Tribunal de l’Union européenne. Il a précisé que l’accord de fusion deviendrait caduc le 30 juin prochain. Désireux de réduire une dette proche de 50 milliards d’euros, l’espagnol Telefonica, propriétaire d’O2, pourrait relancer le processus de vente auprès d’autres candidats comme Liberty Global, maison mère de Virgin Media. Mike Fries, directeur général du câblo-opérateur, avait indiqué mardi qu’il était prêt à regarder le dossier si Bruxelles émettait un veto à la fusion prévue entre O2 et Hutchison. Selon Carlos Winzer, analyste chez Moody’s, «une IPO partielle d’O2 est également envisageable pour désendetter Telefonica».
Après les pressions exercées sur TeliaSonera et Telenor pour qu’ils renoncent à fusionner leurs activités mobiles au Danemark, cette interdiction formelle de rapprochement renforce l’opposition de Bruxelles à la concentration du marché européen des télécoms. Elle est de mauvais augure pour la fusion de Three Mobile, filiale italienne de Hutchison, avec le groupe Wind qui appartient au russe Vimpelcom. Ce projet est actuellement soumis à une enquête approfondie de la Commission qui doit rendre sa décision au plus tard le 18 août.
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