Bill Gates mise sur la reprise de la construction en Espagne
Bill Gates jouerait-il le rebond du marché immobilier espagnol ? Le co-fondateur de Microsoft vient d’acquérir 6% du capital du groupe de construction ibérique FCC pour 113,5 millions d’euros.
Bill Gates deviendra ainsi le deuxième actionnaire de FCC, derrière la présidente non exécutive, Esther Koplowitz et ses 54% du capital. La transaction a été réalisée au prix de clôture de vendredi, soit 14,86 euros par action. Depuis, le titre a rebondi de 14%.
FCC a en réalité cédé son autocontrôle et ne détient plus que 0,19% de son capital. Cette transaction viendra renforcer les fonds propres de FCC, qui en a bien besoin. Le groupe affiche une dette nette de 5,2 milliards d’euros, et doit notamment refinancer 3,5 milliards d’euros de dette arrivant à échéance en décembre 2013, 1,6 milliard en décembre 2014 et 1 milliard en décembre 2015. Ces 6% d’actions en autocontrôle étaient liés à une obligation convertible de 450 millions d’euros, d’échéance fin octobre 2014, avec un prix d’exercice de 29,3 euros, et faisaient partie des négociations en cours sur la dette.
«Nous continuons à nous inquiéter des conditions probables du refinancement, non seulement le coût de la dette mais les garanties, les covenants et le calendrier de réduction de la dette», note Espirito Santo. Par ailleurs, FCC serait en pourparlers avec ses banques créancières pour convertir une partie de sa dette en «PIK» (payment in kind) high yield , pour environ 1,5 milliard d’euros, selon des sources citées par Bloomberg.
Touchée de plein fouet par l’effondrement du marché immobilier espagnol, la société a perdu les trois quarts de sa valeur en Bourse entre début 2007 et début 2009. Affectée par la faillite de sa filiale autrichienne Alpine, et par l’échec de son développement en Europe de l’Est, FCC a poursuivi sa descente l’an dernier.
Toutefois, depuis le point bas touché mi-avril, légèrement au-dessus des 7 euros, l’action a pris plus de 150%, à la faveur de son programme de désendettement via des cessions d’actifs, et de la signature d’un contrat de 6 milliards de dollars pour la construction du métro de Ryad, en Arabie Saoudite.
En dépit de la récente surperformance du titre, «nous ne voyons aucune raison d’être optimiste et restons prudents sur le titre, note Kepler Cheuvreux. Même si FCC atteint ses objectifs, les actions semblent encore chères sur la base de 6 à 7 fois l’Ebitda 2015».
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