Bertelsmann ouvre le capital de RTL pour financer ses acquisitions
Des mois de délibérations auront été nécessaires. Bertelsmann a officialisé hier son projet de vendre jusqu’à 17% du capital de sa filiale RTL Group pour financer son développement dans de nouvelles activités. Le groupe de médias allemand pourrait ainsi réduire sa présence de 92% à 75%. Bertelsmann était devenu l’actionnaire majoritaire de RTL Group au début des années 2000 à la faveur d’un échange d’actions avec la holding d’Albert Frère, Bruxelles Lambert. 8% du capital de RTL Group sont toujours cotés à la Bourse du Luxembourg.
Selon les modalités retenues par Bertelsmann, la cession se fera via une opération secondaire à la Bourse de Luxembourg et une demande de cotation à Francfort. Pour celle-ci, même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’une introduction en Bourse, le groupe va engager une période de conférences avec les investisseurs potentiels d’une dizaine de jours à l’issue de laquelle une fourchette de prix indicative sera retenue. La première cotation devrait intervenir avant l’été espère Bertelsmann, probablement au début du mois de mai. Le groupe allemand prévoit également de placer une partie des titres de gré à gré auprès d’investisseurs institutionnels. Selon des sources de marché, Deutsche Bank, Morgan Stanley, Goldman Sachs, Bank of America, Citigroup et Credit Suisse organisent le placement. BNP Paribas et Société Générale interviendraient comme co-chefs de file.
Ce placement d’actions pourrait permettre à Bertelsmann de récolter environ 1,5 milliard d’euros afin de financer ses projets d’acquisitions. Le groupe allemand se dit prêt à mobiliser 3 milliards d’euros au cours des trois prochaines années afin de dynamiser son profil et réduire son exposition au marché européen où il réalise encore 80% de son chiffre d’affaires.
En plus du produit de la cession de RTL Group, l’éditeur puisera chaque année 500 millions d’euros dans son cash flow net annuel. Ses cibles ? Des entreprises de quelques centaines de millions d’euros plutôt que de grosses acquisitions qui ne correspondraient pas au profil de risque de Bertelsmann, a récemment précisé le directeur financier du groupe contrôlé par la famille Mohn.
Malgré les vents contraires en Europe, Bertelsmann pense pouvoir augmenter chaque année son chiffre d’affaire d’un milliard par an, pour le faire passer de 16 milliards d’euros en 2012 à 18 milliards fin 2014, avec une marge d’exploitation de plus de 10%.
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