Bayer frappe un grand coup sur le marché obligataire
Le groupe allemand Bayer a annoncé hier la finalisation de l’acquisition de l’activité santé grand public de Merck (Claritin, Dr. Scholl’s, Coppertone...). Une opération de 14,2 milliards de dollars, financée grâce à un financemement relais de 12,2 milliards de dollars, en partie remboursé grâce à deux obligations hybrides totalisant 3,25 milliards d’euros, et à un prêt à terme de 2 milliards de dollars.
Noté A3 par Moody’s et A- par Standard & Poor’s, le groupe de Leverkusen, qui affiche une dette de 25,7 milliards de dollars, ne s’est pas arrêté en chemin puisqu’il a lancé le même jour, au travers de son entité Bayer US Finance, un emprunt benchmark en six tranches pour un montant global de 7 milliards de dollars.
Quatre volets sont à taux fixe : 850 millions de dollars à 3 ans, 2 milliards à 5 ans, 1,5 milliards à 7 ans et 1,75 milliard à 10 ans. Les deux derniers sont à taux variable : 500 millions de dollars à deux ans et 400 millions à trois ans. Le projet d’une obligation à taux variable à 5 ans a en revanche été abandonné. Bank of America Merrill Lynch, Deutsche Bank, Goldman Sachs et JPMorgan sont en charge de l’opération. Les banques ont profité d’une stabilisation des marchés de crédit pour donner le coup d’envoi de l’opération.
Selon une source de marché citée par IFR, les investisseurs se sont bousculés. Le livre d’ordres a atteint 26 milliards de dollars, dont 8,25 milliards de dollars pour la tranche à 10 ans. Leur enthousiasme a été alimenté par la présence exceptionnelle de Bayer sur les marchés de capitaux. Il fallait remonter à février 1998 pour retrouver trace d’une opération de ce type. De ce fait, les niveaux de prix ressortent inférieurs de 10 à 25 points de base par rappport aux indications initiales.
Les analystes de CreditSights ont vanté l’intérêt de l’opération. «La société dispose d’une stabilité opérationnelle importante avec sa franchise dans les sciences de la vie, et nous percevons une forte capacité de réduction de la dette grâce au free cash flow ou aux produits de cessions d’actifs», ont-ils écrit. Bayer a annoncé courant septembre la mise en Bourse dans les douze à dix-huit prochains mois de son activité MaterialScience, qui produit des matériaux à haute performance.
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