Andrea Bonomi surenchérit à 23 euros sur le Club Med avec l’aide de KKR
Andrea Bonomi a mis fin au suspense deux jours avant la date-butoir. L’homme d’affaires italien, via son véhicule Global Resorts, a relevé hier son offre sur le Club Méditerranée à 23 euros par action, soit deux euros de plus que sa proposition initiale et un euro de plus que l’offre améliorée du chinois Fosun. Cette nouvelle offre, qui compte le fonds américain KKR comme co-investisseur minoritaire, offre une prime de 4,55% par rapport à celle de Fosun et valorise le groupe français 874 millions d’euros. A la demande de l’AMF, l’action Club Med a été suspendue hier à 16h35 alors qu’elle cotait 23,11 euros, sa cotation devant reprendre ce matin.
Global Resorts a indiqué détenir à ce jour 15,9% du capital et 14,3% des droits de vote, après l’acquisition, hors marché, de titres détenus par les fonds d’arbitrage Boussard & Gavaudan et Tyrus Capital, au prix unitaire de 23 euros. Dans le cadre d’un accord passé avec Boussard & Gavaudan, Andrea Bonomi a la possibilité de porter sa participation à 18,9% dans Club Med. Il passerait ainsi devant Fosun, jusqu’ici premier actionnaire du groupe avec 18,28% du capital. L’offre améliorée de Global Resorts sera financée par apport de fonds propres de Global Resorts, à hauteur d’environ 512 millions d’euros, tandis que ses financements bancaires s’élèvent à 270 millions d’euros.
Avec KKR, son partenaire notamment dans le parc de loisirs PortAventura, Andrea Bonomi dispose d’un soutien financier important. Mais quel rendement attendre d’une acquisition qui se ferait, au cours actuel, sur des multiples de valeur d’entreprise (VE) sur Ebitda de 7,82, et VE sur Ebit de 17,31 selon les données de Bloomberg ? D’autant que la conjoncture pèse sur les résultats du groupe de loisirs. Au troisième trimestre, le volume d’activité villages abaissé de 4,9%; et fin août, les réservations pour la saison été étaient en recul de 5,4% et de 10,7% sur les huit dernières semaines.
Si les représentants du personnel du Club se sont prononcés contre le projet de Fosun, refusant notamment de voir le groupe passer sous pavillon chinois, le président du conseil, Georges Pauget, avait jugé «inopportune» une surenchère, estimant que la durée des offres «complique la conduite des activités de la société». Le Club Med a néanmoins indiqué qu’il allait «étudier ce nouveau projet et ses modalités». Reste à voir comment Fosun, dont l’offre court jusqu’au 20 novembre inclus, va désormais réagir.
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