Ancienne filiale de Safran, Sagemcom est sur le point d’être revendue
Sagemcom n’entrera pas en Bourse contrairement à ce qu’avait annoncé début octobre la direction de l’ancienne division de décodeurs de Safran. De sources proches, le processus d’introduction dirigé par la Société Générale et Goldman Sachs a été arrêté ces dernières semaines. The Gores Group, le fonds américain qui a racheté la société début 2008, cherche en effet à vendre l’intégralité de son bloc de 65,7 % avant la fin de l’année 2010 pour réaliser sa plus-value, rapatrier ses fonds et échapper ainsi à une taxation supplémentaire aux Etats-Unis. Essentiellement investi aux Etats-Unis, le fonds souhaite également démontrer la réussite de sa diversification en Europe.
Neuf candidats ont étudié le dossier mais trois sont encore sur les rangs, deux fonds d’investissement et un industriel. La signature pourrait intervenir dans les prochains jours. Le prix de la participation de The Gores Group est estimé entre 500 et 750 millions d’euros par un bon connaisseur du dossier. Le fonds avait acquis 57,4 % en janvier 2008 pour un montant, dette comprise, de 383 millions d’euros. Deux financements bancaires avait été contractés auprès du CIC pour 27 millions d’euros d’euros et de Landsbanki Commercial Finance pour 25 millions. Un financement multidevise d’environ 250 millions d’euros avait été signé avec GE Factofrance. The Gores Group avait ensuite racheté en 2009 la part résiduelle de 8,3 % détenue par Safran. Le solde du capital est réparti entre CIC Finance (7,3 %), les salariés (24,6 %) et Club Sagem (2,4 %).
Premier fabricant européen de décodeurs et de modems, notamment la Livebox de France Télécom, Sagemcom a réalisé en 2009 un chiffre d’affaires de 1,18 milliard d’euros et un résultat d’exploitation de 52 millions d’euros. Pour 2010, le principal concurrent européen de Technicolor table sur un chiffre d’affaires de 1,35 milliard d’euros, en hausse de 12,5 %, et vise 1,45 milliard en 2011. La société emploie 6.500 personnes à travers le monde dont 1.500 en France.
La société devrait profiter dans les prochains mois du dynamisme sur le marché des décodeurs, à l’exemple de la France où SFR et Free viennent de renouveler leur «box». En revanche, son positionnement dans les compteurs énergétiques est moins convaincant. Sagemcom n’est que le numéro 4 européen d’un marché promis à une belle croissance mais soumis à de fortes contraintes réglementaires.
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