America Movil ouvre la voie à son désengagement complet de KPN
L’acquisition avortée de l’opérateur néerlandais KPN par America Movil en 2013 a laissé des traces. Le géant mexicain des télécoms, contrôlé par l’homme d’affaires Carlos Slim, a annoncé hier avoir bouclé l’émission de 3 milliards d’euros d’obligations échangeables en actions ordinaires KPN. Selon des sources bancaires proches du dossier, la demande élevée des investisseurs institutionnels a permis d’accroître la taille de l’offre qui devait initialement s’élever à 2,5 milliards d’euros.
L’opération a été coordonnée par Deutsche Bank, aidée par Barclays, Merrill Lynch, Banca IMI et Citigroup.
Les obligations, dont la maturité est de cinq ans, ne verseront aucun intérêt. Leur prix de conversion est fixé à 45% au-dessus du cours moyen pondéré de l’action KPN mercredi, a précisé America Movil dans son communiqué. En cas de conversion, le groupe aura cédé à l’horizon 2020 la quasi-totalité de sa participation actuelle de 21,1% au capital de l’opérateur néerlandais. Mais le règlement de ces obligations pourra également s’effectuer en numéraire ou via un mélange de titres et de cash. Un remboursement anticipé sera possible dans certaines circonstances au bout de deux ans et demi.
Pour America Movil, le recours à une obligation convertible «représente un moyen astucieux de monétiser ses actions KPN sans avoir à les vendre, ce qui lui aurait fait perdre toute influence sur l’entreprise», commentent les analystes de SNS Securities, qui jugent improbable une éventuelle offre de rachat sur KPN avec une prime supérieure à 40%. Le prix moyen d’achat des actions KPN dans les livres d’America Movil ressort à 3,24 euros. Ce dernier s’est engagé à ne pas céder d’actions KPN sur le marché durant 90 jours.
Après avoir gagné plus de 30% depuis le début de cette année, le titre de l’opérateur néerlandais a terminé la séance d’hier en recul de 2,4% à 3,40 euros. Un porte-parole a indiqué que cette émission constituait «une transaction de marché à laquelle KPN ne prend pas directement part».
Alors qu’America Movil détient par ailleurs une participation majoritaire dans Telekom Austria, ce désinvestissement potentiel souligne le revers rencontré par le groupe de Carlos Slim dans sa stratégie d’expansion en Europe. Confronté à une concurrence accrue au Mexique où il détient environ 70% du marché, l’opérateur télécoms compte également sur le Brésil et les Etats-Unis pour poursuivre son développement.
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