Altran crée la surprise en recrutant le patron d’Euronext
Etant donné la violente réaction du marché en janvier à l’annonce du prochain départ de son PDG Philippe Salle, Altran avait tout intérêt à recruter un dirigeant d’un certain calibre. C’est chose faite: la société de conseils en R&D a annoncé hier soir la nomination de Dominique Cerutti, actuel président du directoire et directeur général d’Euronext.
Recommandé par le comité des nominations et des rémunérations d’Altran, cet ingénieur de formation prendra ses fonctions le 29 juillet prochain. «Une assemblée générale des actionnaires sera spécialement convoquée dans les prochains jours afin que Dominique Cerutti puisse être nommé administrateur», précise Altran.
Dominique Cerutti revient en tout cas à ses premières amours, à savoir le secteur non financier. En effet, avant de rejoindre le groupe Nyse Euronext en 2009 en tant que président et directeur général adjoint, il a travaillé 23 ans chez IBM, terminant au poste de directeur général du groupe pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.
Dominique Cerutti revendique d’ailleurs la mise en place d’une stratégie industrielle de place pour Euronext. Il compte notamment à son actif le lancement d’Enternext, la Bourse des PME, et surtout le succès de la cotation d’Euronext en juin 2014. Introduite à 20 euros, l’action de l’opérateur de marché en valait 40,1 euros hier à la clôture. Il n’a pas non plus hésité à lancer la semaine dernière un plan de restructuration, qui touchera un quart des effectifs du groupe en France. En février, il avait relevé son objectif de réduction des coûts d’un tiers (à 80 millions d’euros) et son objectif de marge d’Ebitda pour 2016 de 8 points de pourcentage, à 53%. Cette annonce avait été saluée par le marché, le titre ayant bondi de plus de 7%.
S’il est probable que les investisseurs réagissent positivement à l’égard d’Altran, plus intéressantes seront leurs réactions vis-à-vis d’Euronext. Son conseil d’administration, lui, n’a pas caché ses regrets. «Dominique Cerutti a réussi à piloter l’entreprise de sa complexe séparation d’Intercontinental Exchange jusqu’à son introduction en bourse, le tout dans des délais extrêmement réduits. Sous sa direction, le groupe a pu être repositionné avec succès comme une Bourse indépendante de référence en Europe», indique Rijnhard Van Tets, président du conseil de surveillance d’Euronext, alors que la consolidation des opérateurs pourrait reprendre dans les prochaines années.
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