Altice vise de plus grandes cibles avec son introduction en Bourse
Altice, la constellation de câblo-opérateurs construite par Patrick Drahi depuis 2002 à coups d’acquisitions, veut changer de dimension. Le groupe, premier actionnaire de Numericable avec 40% du capital, a confirmé hier son intention d’entrer en Bourse d’ici à quatre semaines. L’opération se fera à Amsterdam.
Objectif: lever 750 millions d’euros via l’émission d’actions nouvelles afin de rembourser une partie de la dette et se donner des moyens en vue de nouvelles acquisitions. La direction d’Altice aurait ainsi déjà identifié 17 cibles potentielles.
Entre la dette de 2,5 milliards d’euros de Numericable, entièrement consolidée, celle de 3,6 milliards d’Altice VII, le véhicule qui porte les autres investissements (Hot en Israël, Outremer Telecom dans les DOM-TOM, Coditel en Belgique…), et les dépenses déjà programmées, Altice porte une dette nette de 6,9 milliards d’euros, soit 5 fois l’Ebitda estimé pour 2013. Après la levée de fonds, le ratio de levier tomberait à 4,5 fois. Surtout, comme l’a expliqué Dexter Goei, le directeur général d’Altice, la cotation permettra au groupe de financer de plus grosses acquisitions, en lui donnant la possibilité d'émettre de nouveaux titres voire d’utiliser ses propres actions comme monnaie d'échange.
Impossible dans cette logique de ne pas penser à SFR, avec lequel Numericable a déjà étudié il y a un an un projet de rapprochement et qui doit lui-même entrer en Bourse cette année à la faveur de la scission de Vivendi. En appliquant le multiple actuel de valorisation de Numericable, soit 10 fois l’Ebitda 2013, la valeur d’entreprise d’Altice atteindrait 13,5 milliards d’euros soit quasiment autant que celle de SFR estimée par Barclays. Selon les analystes de la banque britannique, au regard des consolidations en cours en Europe, un rapprochement entre Numericable et SFR générerait 2 milliards d’euros de synergies.
Le document de base d’introduction en Bourse d’Altice devrait être publié dans les prochains jours. En plus de l’émission primaire, et en fonction de la valorisation retenue, l’opération sera ajustée d’une cession d’actions existantes par les dirigeants, essentiellement Patrick Drahi, afin d’assurer à la société un capital flottant de 25%. Goldman Sachs et Morgan Stanley sont les coordinateurs globaux de l’introduction en Bourse.
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