Altice tente de défendre son projet de rachat de SFR
Soumis au rouleau compresseur médiatique de Bouygues depuis une semaine, Altice est enfin sorti de sa réserve. La maison mère de Numericable, candidate comme Bouygues au rachat de SFR, a répondu hier sur le terrain social. «Le groupe Altice confirme volontiers qu’il est tout à fait prêt à inscrire ses engagements en matière d’emplois et d’investissements dans les licences d’opérateur détenues par SFR», a-t-il indiqué en réponse à un souhait formulé par la ministre de l’Economie numérique Fleur Pellerin.
Lundi, Martin Bouygues s’était engagé à préserver l’emploi en France, et à investir 400 millions d’euros par an dans le déploiement de la fibre optique dans le pays.
Altice a aussi pour la première fois confirmé officiellement les termes de son offre à Vivendi : 10,9 milliards d’euros en cash et 32% du groupe combiné Numericable-SFR. Une proposition valide jusqu’au 14 mars, jour où Vivendi réunit son conseil de surveillance. Altice espère ainsi pousser le propriétaire de SFR à se décider vite alors que le temps joue pour Bouygues, qui a reçu hier le soutien du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.
De fait, Numericable, qui publie ses résultats ce matin, a encore abandonné 2,85% en Bourse hier à 24,19 euros. Cela porte le recul de l’action à 21% depuis le dépôt le 5 mars des offres de rachat sur SFR, dont les dernières moutures sont attendues aujourd’hui par Vivendi. Avec l’annonce ce week-end de la vente du réseau mobile de Bouygues Telecom (BT) à Iliad en cas de rachat de SFR, l’offre de Numericable «n’est plus la mieux-disante», selon les analystes d’Oddo. «Nous ne retenons désormais que 40% de chances que l’offre de Numericable sur SFR l’emporte sur celle de Bouygues (contre 80% jusqu’à maintenant), en intégrant en plus le risque que le groupe soit obligé de relever de près de 1 milliard son offre», écrivent-ils.
«Numericable semble être dans une situation perdant-perdant, estime de son côté Kepler Cheuvreux. Surenchérir sur Bouygues signifierait une destruction de valeur, et perdre impliquerait un risque de marginalisation».
Reste que Vivendi devra se décider à la fois en fonction du prix et des risques d’exécution (politique, financiers et de concurrence). Si Bouygues a marqué des points sur le plan de la concurrence grâce à l’accord avec Iliad, l’équilibre de l’offre repose sur une mise en Bourse, en 2015, de l’ensemble BT-SFR, tributaire du sentiment de marché.
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