Alibaba lance une IPO record mais à hauts risques
Alibaba va mettre fin à plusieurs mois de mise en appétit. Le numéro un chinois de l’e-commerce lance aujourd’hui ses réunions avec les investisseurs en vue de son introduction sur le New York Stock Exchange. Annoncée vendredi soir, la fourchette initiale de prix comprise entre 60 et 66 dollars par action ADS valorise la société jusqu’à 162,7 milliards de dollars au plus haut.
En cas d’exercice de l’option de surallocation, le groupe pourrait lever plus de 24 milliards de dollars, soit le plus gros placement jamais réalisé lors d’une IPO. Le record est jusqu’ici détenu par Visa, avec 19,65 milliards de dollars en 2008. Le prix définitif devrait être arrêté le 18 septembre, avec une première cotation le lendemain. Un calendrier retardé d’une semaine en raison des discussions avec la SEC après la découverte cet été de pratiques comptables douteuses d’une de ses filiales.
Selon des indiscrétions ayant circulé cet été, Alibaba aurait accepté de réduire ses prétentions pour assurer la réussite de l’opération et éviter la même déconvenue que Facebook. Stable pour son premier jour de cotation, le cours du réseau social avait plongé de 10% le lendemain. Six chefs de file ont été mandatés par Alibaba: Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JPMorgan, Morgan Stanley et Citi.
Alibaba constitue un véhicule unique pour profiter de la croissance du commerce en ligne en Chine, ce qui fait de la valeur un must have pour de nombreuses gestions. Quatre cinquièmes des yuans dépensés dans des achats sur internet le sont sur des sites appartenant à la galaxie Alibaba. Le groupe a enregistré 24 millions de nouveaux consommateurs au deuxième trimestre 2014 et son ticket moyen a augmenté de 45%. Enfin, sa base chinoise lui permet de viser de nouveaux marchés et de nouveaux métiers comme la banque avec Alipay, l’équivalent de PayPal.
Mais les facteurs de risques sont à la hauteur de ces promesses. Malgré sa cotation sur le Nyse, le groupe gardera de nombreuses spécificités chinoises. Outre le contrôle de Jack Ma et de ses associés sur le groupe, Alibaba n’a pas la même obligation de publier ses comptes aussi «fréquemment» et «rapidement» que les groupes américains. Ses dividendes sont soumis aux taxes chinoises. Enfin, si elles sont tolérées par les autorités chinoises, les structures offshore destinées à recevoir les fonds des investisseurs étrangers pourraient ne plus complaire à la réglementation chinoise à l’avenir, reconnaît Alibaba.
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