Alcatel-Lucent pose progressivement les bases pour enfin autofinancer son activité
Alcatel-Lucent vit très bien en dehors du CAC 40. Exclu de l’indice de référence de la Bourse de Paris l’an dernier, début décembre, l’action a plus que triplé en dix mois. Sa capitalisation boursière est remontée à 6,5 milliards d’euros, du jamais vu depuis l’été 2011. Un rebond qui tient en partie à des éléments techniques, notamment aux rachats des nombreuses positions à découvert ouvertes au moment où une augmentation de capital paraissait quasiment inévitable. Mais ce rebond illustre aussi la très légère amélioration des résultats de l’équipementier en télécoms et le changement de ton de la nouvelle direction.
Sans sombrer dans un optimisme béat, Michel Combes, le directeur général du groupe franco-américain, a reconnu la semaine dernière s’attendre «à une forte activité en fin d’année», dans la foulée d’un troisième trimestre meilleur que prévu. La croissance du chiffre d’affaires est restée faible: + 1,9% à 3,66 milliards d’euros. Mais le positionnement de l’équipementier sur des segments de marché plus rémunérateurs (IP, optique à très haut débit...) a permis d’améliorer le taux de marge brute de 4,7 points, à 32,6%.
Couplée aux réductions de coûts fixes (84 millions d’euros au troisième trimestre, 259 millions d’euros depuis le début de l’année), la remontée de la marge a ainsi permis de renvoyer le résultat d’exploitation dans le vert à 116 millions, contre 125 millions de pertes un an auparavant, soit quasiment deux fois plus que le montant espéré par le consensus d’analystes. Comme le montre le violent plan social annoncé par le groupe, Michel Combes est bien décidé à maintenir ces efforts sur les coûts. Il pense pouvoir aller au-delà cette année de l’objectif initial de 300 millions d’euros d’économies. Selon les premières attentes des analystes, le résultat opérationnel du quatrième trimestre pourrait ainsi dépasser les 220 millions d’euros.
Ce redressement progressif du résultat opérationnel est indispensable pour qu’Alcatel-Lucent finisse enfin par s’autofinancer sur une année pleine, ce qui ne lui est arrivé qu’une seule fois depuis la constitution de la société en 2006. Le second volet du plan passera par des cessions d’actifs. Michel Combes a indiqué la semaine dernière travailler «activement» sur ce sujet. L’objectif est de récupérer un milliard d’euros à l’horizon 2015.
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